LE DEBLOG'NOTES - 32841

Larcher fait sa crise

Finie l'unité nationale! Larcher, le président du Sénat fait sa crise et a décidé de ne plus parler à son homologue de l'Assemblée, qui se montre favorable à la suppression des 348 sénateurs! Faut-il rappeler à ceux qui l'auraient oublié que chaque sénateur cote plus de 500 00 euros par an et qu'on pourrait faire, de ce côté là, d'énormes économies. La France n'étant pas un pays fédéral, une seconde chambre ne s'impose nullement, surtout aussi pléthorique. Le débat dure depuis des années et n'a aucune chance d'aboutir puisque les parlementaires pratiquent l'entre-soi et qu'ils ne demanderont jamais au peuple de trancher par référendum...

On ne va quand même pas quitter un aussi gras herbage sans faire de la résistance.

Pardon, je fais de l'antiparlementarisme primaire!

Hélas!

On aimerait bien que notre président de la République soit aussi bon sur le front du chômage que sur celui de la lutte contre les jihadistes. Après le moment d'unité qui a suivi les attentats on redécouvre la vie de tous les jours et une nouvelle poussé des demandeurs d'emploi. D'une certaine manière, il est plus facile de briller, pour un homme de pouvoir, lorsqu'il se trouve confronté à un grand moment d'horreur et d'émotion. Il peut voler au secours de la République, se montrer sous un autre jour que celui de la confrontation quotidienne avec la réalité des problèmes des Français. Il est d'ailleurs assez probable qu'un autre président aurait fait tout aussi bien en ce moment de crise.

On notera d'ailleurs qu'aucune vraie politique de l'emploi n'a été menée jusqu'ici - je ne fais que me répéter - et que cette politique passe par des mesures qu'un homme de gauche, fut-il social libéral ne prendra jamais. On ne piétine pas ses électeurs ni les vieux discours idéologiques. La France demeure un pays ou la liberté d'entreprendre est trop souvent empêchée par l'appareil de l'Etat. 


Shoah

Alors que nous fêtons les 70 ans de la libération d'Auschwitz, aujourd'hui encore à comprendre comment le mal absolu put s'infuser dans une fraction criminelle de la population allemande qui avait pris le pouvoir. Le martyr des Juifs reste indicible et n'oblige à regarder en face ce qui, chez nous les Européens, à conduit à ce crime contre l'Humanité. Car nous avons tous notre part de responsabilité. Nous avons, au fil des siècles laisser s'épanouir l'antisémitisme au coeur même du monde chrétien, oubliant que Jésus était juif et que son message était aux antipodes de la violence privée ou institutionnelle. 

Cette tache indélébile a, aujourd'hui, des conséquences incalculables sur l'Europe.

Grèce....

Avec la victoire de l'extrême gauche en Grèce, c'est toute l'extrême gauche française  et européenne qui jubile. Il fallait voir la tête de Jean-Luc Mélenchon hier soir! De fait, en une semaine la politique d'austérité initiée par Angela Merkel vient de subir deux sérieux revers. Le plus important avec la BCE qui a décidé de faire marcher la planche à billets. Puis avec le bel Alexis, qui l'emporte haut la main sans toutefois atteindre la majorité absolue. La première chose qu'il va faire sera de s'attaquer à la dette gigantesque de son pays, ce qui risque, d'ailleurs de coûter cher à la France...

Ainsi donc, un certain nombre de signaux pourraient desserrer l'étreinte qui pèse sur la France, mauvais élève de la réforme. Un euro en baisse, un pétrole en baisse, des taux d'intérêts historiquement bas, le rachat massif de dettes par la BCE. On pourrait presque dire que le miracle attendu par Hollande s'est réalisé. Le président de la République pourrait même être tenté de ne plus rien réformer après la loi Macron, afin de ne pas inquiéter sa gauche.

Or, n'oublions pas ce que pèse la Grèce dans le concert européen. Il faudrait éviter de croire trop rapidement au père Noël. Ce n'est pas l'affaire grecque qui va miraculeusement régler les problèmes de compétitivité de la France. La réforme de l'Etat n'a même pas été commencée et, a lors que nous allons entrer en campagne d'ici un an, il y a fort à parier que rien ne se passera dans ce domaine. La France demeurera donc avec les réformes homéopathiques engagées par l'Elysée. Si l'emploi avait été considéré comme la priorité absolue, il y a longtemps que certains chantiers auraient été engagés. la gauche est restée clairement, par dogmatisme, dans la priorité à la fonction publique.

On pourrait attendre plus du gouvernement avec l'effet "Charlie". Mais ne nous y trompons pas, l'effet Charlie, de mon point de vue, n'a jamais été (sauf en apparence) un signal d'unité nationale. 


Qui sont les cons?

Les responsables du fameux "mur des cons" découvert part un journaliste de France 3 dans les locaux du syndicat de la magistrature ne seront pas jugés. Quand la justice juge un magistrat faut pas s'étonner.

Alors qui sont les cons à votre avis?

Ben, c'est nous...

Saint François Régis

François Régis Hutin nous explique, aujourd'hui, dans son homélie du samedi ce qu'il faut comprendre par liberté d'expression. Et de nous ressortir la fameuse charte Ouest-France "dire sans nuire, montrer sans choquer etc".... L'intention était bonne mais elle a, bien des fois, empêché de mettre des mots sur les maux. Et c'est ainsi que OF est devenu le paradis du préchi précha...

Saint Abdallah!

Faut voir comme ils y vont tous de leur petite phrase pour saluer la grandeur du roi Abdallah d'Arabie. Ils répondent tous à l'appel, aussi bien Poutine, que Obama, que Harper ou notre François qui se précipite, lui, à Ryad. Au pays ou l'on coupe les mains et où l'on fouette, où les femmes n'ont pas le droit de conduire, où la police religieuse fait régner la terreur, on peut entendre David Cameron affirmer que feu le roi a favorisé le dialogue entre les religions. C'est fou ce que la diplomatie pétrolière est hypocrite et écoeurante.

Je me marre d'autant plus que, pour moi, Abdallah, c'est, pour l'éternité, le sale gosse d'Hergé dans son album "Coke en stock". 

Enfin une bonne nouvelle

Certains font la fine bouche, j'en conviens. Il n'empêche que l'injection massive de liquidités dans le système par rachat massif de dettes, est une bonne nouvelle. Cela prouve que la BCE est vraiment indépendante et qu'elle a su faire face au mécontentement de l'Allemagne.  Le plus grand risque est que cela incite les Etats membres et principalement la France à cesser toute réforme structurelle. François Hollande a deux possibilités: soit profiter de l'embellie dans les sondages pour oser des réformes qui ne soient pas homéopathiques; soit vivre en rentier sur les points acquis au bénéfice de la tuerie de Charlie Hebdo. 

Quelle attitude pensez-vous qu'il adoptera? Il a plein de raisons extérieures à sa politique de ne plus bouger: l'euro est à la baisse, idem pour les taux d'intérêt et le pétrole. Et voilà maintenant que la BCE vient à la rescousse! Il y a dorénavant de fortes chances pour que nous restions avec notre fonction publique obèse (l'électorat de la gauche).

Sur ce terrain là, nous sommes d'ailleurs dans l'incohérence la plus totale d'une classe politique qui ne veut pas redéfinir le périmètre de l'Etat et ses missions principales. Les tristes événements qui viennent de se dérouler vont nécessiter des dépenses supplémentaires dans les secteurs de la sécurité et de l"Education. Ce serait l'occasion d'imposer un vrai toilettage des missions de l'Etat. Mais on ne voit rien venir alors que la sanctuarisation de la Défense n'est pas financée...

Reste maintenant à savoir quand éclatera la bulle sondagière de Hollande. Tout indique malheureusement, après un bel élan d'unité nationale, que nous sommes repartis dans les mesurettes, spécialement en ce qui concerne la reprise en mains de l'autorité au sein de l'Education Nationale. Même la presse de gauche affirme que les annonces de la ministre sont des "dispositifs annoncés ou déjà existants". Nous voilà bien. L'émission de France 2 a d'ailleurs démontré, hier soir, qu'il n'existe aucun consensus réel sur ce qui s'est passé ces dernières semaines. 

Pour détendre le débat

Puisque nous sommes en plein débat sur l'école de la République, je vous livre quelques perles qui viennent de m'être envoyées par un lecteur, ancien prof. Il les tient d'un collègue professeur d'histoire-géo:

-Jésus était un prédictateur

-Les chrétiens étaient des boucs à misère

-Quand un air chaud monte, il y a ascendance; quand un air froid descend il y a condescendance.

-En France, la Nativité diminue.

-L'Etat est le souteneur de l"'économie.

On en redemande!!


Ghaleb Bencheikh

Je vous renvoie d'urgence à l'article du théologien Ghaleb Bencheikh sur le site Slate.fr. Ce qu'il dit est juste, fort et courageux. Il refuse d'épouser la pensée unique concernant l'islam. Il appelle à une réforme de fond. Il affirme clairement, à l'opposé de nombreux intellectuels bêlants que dire en permanence "ce n'est pas l'islam" ne sert à rien et qu'il faut réformer. 

Apartheid?

Décidément, il est bien difficile de mettre des mots sur les maux. Parlant hier "d'apartheid" pour qualifier la situation française, autrement dit d'une politique de séparation ethnique et raciale qui serait le fait de l'Etat, Manuel Valls s'est peut-être trompé de mot. Mais cela n'est pas certain. Naviguant constamment de gauche à droite, il vient de donner là du grain à moudre à tous ceux (sur sa gauche) qui pensent que les Français "européens" sont collectivement coupables de ce qui vient de passer. Ce qui est tout de même un peu fort ! Des milliards et des milliards ont été déversés sur les banlieues avec les résultats que l'on connaît. Que faudra-t-il faire encore pour retrouver la paix? Se courber devant l'islam politique?

Pour tous ceux qui croient aux vertus de la victimisation, je conseille d'aller lire l'interview le d'ancien député-maire communiste de Vénissieux (banlieue lyonnaise) André Gérin sur le site du Point. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'est pas optimiste. Etonnant de constater que c'est un communiste (doctrine qui fait de l'homme un sujet économique) qui met en garde contre les désaccords culturels. Et depuis longtemps. Car André Gérin prêche dans le désert.

De tout cela il ressort que Manuel Valls préfère la communication politique à la vérité historique. Il n'oublie pas, sans doute, qu'il va falloir faire avaler la loi Macron à sa gauche. Cette horrible petite loi sociale libérale. Et l'on nous affirmait, encore hier, que rien ne serait plus jamais comme avant! Au bal des hypocrites! 

Je suppose que les électeurs du Front national seront tout aussi surpris de voir Aymeric Chauprade, qui avait parlé "de 5eme colonne islamiste en France", mis au piquet par Marine Le Pen. Voilà le FN à son tour fracturé par les événements. 

Unis? Vraiment?

Les Français sont-ils vraiment unis par la grâce miraculeuse d'un ignoble attentat contre des caricaturistes? Tout le monde voudrait le croire y compris le Président de la République qui demande dorénavant aux patrons de faire "aussi bien" que les Français! François Hollande s'appuie sur les événements récents pour exiger des patrons qu'ils "croient" en sa politique économique et dans ses réformes, lesquelles demeurent toujours aussi timorées.

Il est malin le père François. Il n'a pratiquement rien réformé, surtout pas l'Etat, mais il compte dorénavant sur la conjoncture (cours du pétrole, baisse de l'euro, taux d'intérêt et bientôt peut-être rachat des dettes par la BCE) pour surtout ne rien changer. Il aura ainsi préservé son électorat de fonctionnaires et même son électorat musulman en affirmant partout où il passe que l'islamisme n'a rien à voir avec l'islam. 

C'est ainsi que de calculs politiciens en calculs politiciens, la France renonce à se défendre aussi bien sur le plan économique que sur le plan sociétal. Oui je suis très pessimiste et j'ai même honte. Et peur pour ceux qui me suivront. Car ce qui se passe aujourd'hui en France dépasse de très loin nos propres destins individuels.

Unis vraiment? De temps à autre je regarde ce qui se passe du côté du barrage de Sivens et je n'y vois pas beaucoup d'unité. l'Etat aura même donné raison à ceux qui ne vivent pas sur place, humiliant ceux qui triment au quotidien pour gagner leur vie. Un Etat qui n'est d'ailleurs pas à une contradiction près: il a désarmé les CRS de leurs grenades à la suite de la mort malheureuse d'un jeune manifestant, mais il envisage, aujourd'hui de réarmer la police! Quel talent! Quel a propos! 

Je voudrais dire aussi, s'agissant de la boucherie de Charlie Hebdo, qu'elle résulte de l'application stricte de la charia sur notre territoire. Autrement dit, le droit islamique conteste le droit républicain. Mais bien entendu il est interdit de dire que l'islam n'est pas seulement une religion mais un "système" de droit révélé issu du Coran.

Pourquoi les politiques insistent-ils tant sur l'unité nationale? Pourquoi aujourd'hui en font-ils leur leit-motiv après avoir fait le jeu des communautés au nom des droits de l'homme? Tout simplement parce qu'ils découvrent, avec la trouille au ventre, que la France, qui mit tant de tant à faire peuple, n'est plus un pays unifié. Au nom de certaines valeurs, ils ont piétiné, ignoré le religieux qui est pourtant au coeur de l'identité. Cette identité mal expliquée qui a été niée, piétinée par toute la gauche française et par une partie de la droite. Il y a des valeurs universelles que nous sommes fiers de brandir, mais il n'y a que des sociétés particulières. Tocqueville le disait déjà en dénonçant le chaudron ardent de l'universalisme qui vent changer l'humanité.

Tout est à refaire. Et il n'est pas dit que nous y arriverons.

 

Ecoeurant...

On savait que nos présidents sont des monarques républicains. Mais on oublie un peu trop souvent qu'un monarque a besoin d'argent, de beaucoup d'argent. Ainsi, nous apprenons, sans beaucoup nous indigner, que chacun des anciens présidents encore en vie (Sarko, Chirac et Giscard) coûtent chacun entre 1,5 et 2 millions d'euros par an à la collectivité, donc aux environs de 5 millions d'euros!! Rien n'est trop beau, appartements luxueux, pléthore de conseillers, pensions etc etc...

Alors que nous apprenons cette nouvelle, en tombe une autre qui en dit tout aussi long: "Le 1% des plus riches détient presque 50% de la richesse mondiale". 

Je suis heureux d'apprendre que les présidents de la République du pays le plus idéologiquement égalitaire du monde, participent à cet accroissement massif des inégalités.

Cette affaire là vaudrait bien aussi une manifestation monstre du peuple de France avec un slogan dans le genre: "Je ne suis pas Giscard, ni Chirac, ni Sarko". Mais je suis prêt à parier que personne ne bougera.

Et maintenant, il remonte....

La preuve qu'un bon drame national est bon pour les sondages. François Hollande, qui nageait dans les abysses, retrouve de belles couleurs après sa gestion réussie de l'affaire Charlie. Je suis certain qu'on va même trouver des "complotistes" pour prétendre que tout cela a été arrangé par les services secrets afin de sortir Hollande se son marais!

Donc, François Hollande remonte, mais cela démontre surtout que les sondages ne veulent pas dire grand chose ou tout simplement que les Français ne réagissent qu'à l'émotion. Car dans le même temps qu'ils saluent la gestion du drame par le Président, le chômage continue d'augmenter. 

Tout cela veut probablement dire que les Français ont voulu saluer la performance de Flamby dans un moment très difficile, mais qu'ils pourraient très rapidement changer d'avis. On n'en est pas loin d'ailleurs puisque l'on sent déjà que les mesures que va prendre le gouvernement pour endiguer l'islamisme radical, ne seront pas vraiment à la hauteur. Il est malheureusement assez probable que l'on verra naître des mesurettes, dans la lignée de la politique économique du gouvernement.

Chassez le naturel, il revient au galop.

Guerre des valeurs

Alors qu'au fin fond de la Corrèze, François Hollande mouline de ses petits bras et rappelle  les valeurs de la France, le monde musulman est en ébullition et affirme dans la violence qu'il n'est pas question de caricaturer le prophète. Plusieurs églises ont été brûlées au Niger. En France, pendant ce temps, la communauté musulmane, aidée en cela par la très islamophile France 2 répète que ce n'est pas cela l'islam et se dit stigmatisée. On aimerait bien savoir où se trouve la vérité.

Nul ne saurait être tenu, individuellement, pour responsable de crimes qu'il n'a pas commis. Nous serions alors au comble de l'ignominie et dans la négation de l'Etat de droit. Mais il existe indéniablement des phénomènes culturels collectifs et les religions en sont le coeur. Nous ne saurions ignorer que si l'islam parle évidemment de paix et respect de l'être humain, il parle aussi de guerre et c'est aujourd'hui ce versant sombre qui domine les sociétés islamiques. ce n'est pas moi qui le dis. Boualem Sansal, le grand écrivain algérien affirme dans un entretien: "Tant qu'il n'est pas réformé, l'Islam restera dans la démarche d'expansion et de conquête qui est la sienne depuis son avènement. Il le fera tantôt par la prédication et l'exemple, tantot par la force, selon le contexte et le rapport de forces." Plus loin, il ajoute: "le politiquement correct est entrain se stériliser" les élites occidentales. "Leurs discours apparaissent même comme des plaidoyers en faveur de l'islamisme. Répéter avec une telle fréquence "l'islam n'est pas l'islamisme" "il ne faut pas faire l'amalgame", "l'islam est paix et tolérance" ressemble à une propagande pour l'islamisme, où du moins, une déclaration d'adhésion à l'islamisation." S'agissant de l'islamisation de la France l'écrivain algérien affirme: "Elle est en marche et connaît une accélération notable. (...) La masse critique qui déclenchera la réaction en châine n'est pas loin d'être atteinte. Elle psoera d'énormes et insolubles problèmes en Europe."

Tout récemment à la télévision Malek Chebel affirmait qu'il sera très difficile de réformer l'islam. Il paraît en plus que dans l'éducation nationale, le mot d'ordre est "pas de vagues", après les incidents de la semaine passée. Et que les autorités ont décidé de fermer les yeux sur le port de la Burqa. C'est dire si nous avons déjà perdu la guerre! 

Lire aussi les propos édifiants des élèves imams de la mosquée de Paris sur le site du Monde....

Et maintenant la Belgique

Et maintenant c'est au tour des Belges de régler leurs comptes avec les islamistes radicaux. La Belgique qui, comme la France a refusé de voir, depuis des années ce qui se passe sur son territoire; Bruxelles, capitale européenne dont on dit que dans trois décennies,  elle sera à majorité musulmane.

Oui, il y a dorénavant un avant et un après. Mais pas forcément dans le sens qui a été proclamé lors déferlante de dimanche dernier. La France traditionnelle (pour ne pas dire de souche) découvre qu'elle a un "problème" avec une fraction notable de sa population, que cette fracture est culturelle, religieuse, quoi qu'on en dise. La France traditionnelle découvre que la France ne sera plus jamais comme avant et qu'elle sera contrainte (le processus est déjà engagé), de procéder à des accommodements avec l'islam.  Les rationalistes qui nous gouvernent avaient tout simplement oublié la force du religieux.

Les petites affaires reprennent

La télévision est une puissante machine à décerveler. On y emploie à haute dose des mots comme "communauté" (communauté éducative, communauté musulmane etc) alors que la République se construit contre les communautés. On y emploie à haute dose le mot "anonyme" alors que la république est composés de citoyens ou de personnes. Mais les mots ont un sens et ils sont peut être le signe que nous sommes passés de l'autre côté du miroir. Que cette fameuse République est passée de l'autre côté du miroir à cause de la lâcheté dont font preuve nos hommes politiques depuis plusieurs décennies. Par respect des droits de l'homme, nous avons favorisé le communautarisme. Nous avons voulu croire à toute force qu'une religion pouvait être traitée comme une simple idéologie séculière. Nous sommes totalement trompés.

Et cela ne s'arrange pas malgré les effets de manche de la classe politique, dont on se demande s'ils ne sont pas de simples anesthésiants. Hier, le chef de l'Etat nous a annoncé qu'il allait diminuer le rythme de diminution des effectifs des armées. Aussitôt les chaines d'info louent le chef de guerre. En réalité la réduction des effectifs pour 2014 est déjà actée et, de toute manière, il n'y a pas d'argent. la encore, on évite de parler du problème de fond. Si l'on veut plus de soldats, il faut revoir le budget de la défense nucléaire. Sujet tabou. Si les services de renseignement vont être mieux dotés, on ne sait rien de ce qui va se passer à l'école et dans les lycées. les débats qui viennent d'être lancés par la ministre ne me rassurent pas.

S'agissant du politiquement correct, le rouleau compresseur est à nouveau en route. C'est François Hollande qui affirme à l'Institut du monde arabe que les musulmans sont "les principales victimes" de l'islamisme radical. Autant tout de suite les exonérer de toute autocritique envers leur religion.  Autant oublier les pays musulmans qui ont condamné la caricature de Mahomet dans le dernier Charlie. Voilà qui ne les aidera pas à progresser vers la modernité. Que je sache, les principales victimes des islamistes sont ceux qui ont été tués, leurs familles, leurs amis.

On voit par ailleurs un journaliste de l'Express affirmer, sans rire, après les propos virulents de Philippe Tesson sur le fait que ce sont les musulmans qui sont responsables des manquements à la laïcité, on voit donc un journaliste de l'Express affirmer que toutes les religions sont coupables de ces manquements...!!! Et maintenant, voilà le pape qui donne du grain à moudre aux religieux musulmans. 

Nous voilà bien.

Bravo Manuel Valls...

Soyons honnêtes, Manuel Valls vient de délivrer, à l'Assemblée, un discours très fort, dans lequel il a délimité tous les problèmes, sans stigmatisation, même s'il est parfois compliqué, voire impossible de comprendre où se trouve la frontière entre l'islam et l'islamisme. Pour la première fois probablement dans cette enceinte, il a appelé les musulmans à faire le ménage dans leur propre sphère. 

On notera également les déclarations de Malek Boutih qui condamne certains maires de tous les camps qui ont fait le lit du communautarisme pour gagner des voix. Il est temps que cela cesse et il a raison. 

Mais la France est le pays des discours. C'est un pays où, trop souvent, l'on considère que ce qui est dit est fait. On attend maintenant l'épreuve des faits. Après la manifestation monstrueuse de dimanche, les plats ne repasseront pas. Autrement dit, beaucoup de citoyens se détermineront par rapport à la volonté politique effective de nos hommes politiques lors des prochaines échéances. 

Il est urgent d'agir sur tous les terrains car le chaudron est prêt à exploser dans les banlieues. Les jeunes musulmans récusent l'autorité des responsables religieux qui appellent à la modération à l'occasion de la sortie de Charlie Hebdo. La théorie du complot est à l'oeuvre. Ces jeunes radicalisés trouvent d'ailleurs l'appui des plus hautes autorités musulmanes d'Egypte, pour qui le Mahomet de la une de Charlie est une "provocation". Quoi que l'on dise, on ne peut pas se contenter de dire "Ce n'est pas l'Islam". Nous voilà bien !

Je suis content de voir, dans le Figaro, un appel d'intellectuels musulmans à "une révolution dans l'islam". Cependant, ces intellectuels affirment que Hollande (et d'autres) ne leur rend pas service en affirmant sans cesse "que les terroristes n'ont rien à voir avec l'islam". "Je suis pas d'accord, dit l'un d'entre eux, c'est l'islam aussi. Comment se battre quand on n'identifie pas clairement son ennemi? souligne Naser Khader, un ancien député danois. Autrement dit, ce sont des musulmans démocrates qui s'efforcent de faire progresser l'islam vers la modernité et les occidentaux qui entretiennent l'obscurantisme avec leurs déclarations. Je suis content de me retrouver près de ces musulmans modernes.

Les autorités nous tannent avec les mesures "extérieures" ( police, justice, éducation etc) qui vont être prises pour tenter d'éradiquer éradiquer l'islamisme radical. mais pas un seul journaliste ne va à l'essentiel: la transformation intérieure de l'islam. 

Et maintenant?

Et maintenant qu'on a eu de splendides défilés? Maintenant qu'on s'est saoulés à "la France républicaine qui dit non" et à toutes sortes de clichés sur la liberté d'expression, que va-t-il se passer? Je suis toujours aussi atterré et toujours aussi pessimiste devant ce qu'il faut bien appeler l'hypocrisie des pouvoirs. N'a-t-on pas vu, parmi les chefs d'Etat, sans que cela gêne apparemment personne, de grands amis de la liberté d'expression (!) spécialement les représentants d'Etats arabes qui ne se gênent pas pour faire taire gêneurs. Que dire par ailleurs de ces autorités musulmanes de France qui avaient porté devant les tribunaux l'affaire des caricatures et qui ne jurent dorénavant que par la liberté d'expression! Que dire de tous ces journalistes de télé qui se précipitent sur le brave musulman de service pour appeler au refus de l'amalgame! 

Oui je suis pessimiste car la machine à nier le réel (même si elle s'est légèrement effritée) continue à fonctionner à plein régime. Lorsque j'entends le président du CFCM affirmer haut et fort que l'islam n'a rien à voir dans les événements terribles qui viennent de se produire. Lorsque j'entends même le frère du malheureux policier tué tout près de Charlie Hebdo, tenir des propos similaires. Lorsqu'on peut lire dans Ouest-France que la radicalisation des musulmans est le fait de feu le ministère de l'identité nationale,  je me dis qu'on aura beaucoup, beaucoup de mal à obtenir des musulmans pratiquants qu'ils regardent leur religion au fond des yeux. Et pourtant c'est d'eux qui devra venir la réforme. J'ai peur car ce sont les minorités qui font l'histoire. Si nous ne réagissons pas contre les fanatiques, si nous les laissons faire, si nous les laissons propager la version ou l'interprétation sombre du Coran, les musulmans ordinaires deviendront un jour nos ennemis. Le mal est déjà à l'oeuvre et je suis tenté de dire que les juifs commencent à fuir la France pour aller en Israël comme les chrétiens fuient l'Irak. En surplomb l'ombre inquiétante d'un certain islam. Il est grand temps que les braves gens de la sphère islamique fassent leur part du job et qu'ils nous montrent concrètement que "ce n'est pas cela l'islam".

Oui, aujourd'hui, le peuple s'est levé, on ne peut pas le nier. Il reste aux politiques d'être à la hauteur de peuple. De ceux que les journalistes de télé appellent bêtement les "anonymes". Comme si les citoyens que l'on ne voit pas à la télé étaient tous des ombres sans nom. Il faudrait aussi une refondation du journalisme vous ne croyez pas?

De toute manière, jamais on n'a vu autant de servilité journalistique qu'hier. On a bu jusqu'à plus le soif le discours de l'union et de la concorde jusqu'à créer une bulle protectrice autour de l'islam en oubliant les versets coraniques qui fâchent l'Occident et arment les radicaux. Comme disait Abdelwahab Meddeb ""l'islamisme est une maladie de l'islam, mais les germes sont dans le texte". Plus qu'une manifestation d'unité il aurait fallu une manifestation de protestation. Nous avons eu une de ces mise en scène qu'aime tant la télévision pour faire des images et répandre sa propagande avec la bénédiction de politiques qui n'ont pas le courage de regarder la réalité en face. Car nous sommes face à une fracture majeure: deux systèmes de valeurs, deux cultures dorénavant sur le même sol, qui regardent en chien de faïence.

Unité nationale?

Avons nous d'autre choix que l'unité nationale après les sanglants événements de ces deux derniers jours? Assurément non. Mais il est vrai qu'une partie de la France, atterrée par ce qu'il faut bien appeler les dérives de l'Islam, est très en colère. Une bonne partie de la France qui ne comprend pas ce culte encore considéré comme "étranger" et dérangeant. Il faut regarder la vérité en face et c'est cela vérité. Cacher la vérité derrière de grands mots creux ne sert à rien. Nous vivons dans une société de liberté où les individus ont acquis une complète autonomie et les paroles  du "sommet" ne changeront rien à l'opinion des Français. 

En réalité, les musulmans eux-même détiennent les clés de l'avenir. Il ne suffit pas de dire "ce n'est pas l'islam" ou encore "l'islam est une religion de paix". Combien de Français croient à cela? Les musulmans (je veux dire ceux qui fréquentent les mosquées) ont le devoir de s'interroger sur leur religion et sur le matériel idéologique qu'elle fournit aux jihadistes. Ils ont le devoir d'autocritique et de prendre les moyens de la réforme. or, nous voyons en permanence à la télé que rien de cela ne se passe. On voit des hommes (jamais des femmes) s'inquiéter de la méfiance qui s'est installée et pour leur sécurité, se plaindre de la stigmatisation dont ils sont l'objet,  mais aucune parole d'interrogation sur leur religion. Voilà pourquoi je suis pessimiste. Je connais assez bien les religions. Elles sont conservatrices et l'islam est particulièrement tenu en laisse par son littéralisme et l'assurance qu'il a d'être la meilleure des religions. Il y a fort à parier qu'avec la méfiance qui s'est installée, les communautés occidentales vont se radicaliser au lieu de se réformer. 

Il faut cependant prendre garde à ne pas mettre tout le monde dans le même sac. On peut être de culture musulmane sans être pratiquant ni croyant. Ils sont très nombreux dans cette configuration. Il y a donc un peu d'espoir dans mon pessimisme.  

Mais, en tant que "vieux" français, bercé dans les valeurs occidentales et par l'histoire de la France, je demeure atterré. Et je suis aussi atterré par la comédie humaine, tous ces non-dits, toute cette hypocrisie qui dégouline de partout, y compris du monde religieux. 

Quant aux politiques, je veux dire ceux des partis "respectables", ils jouent leur peau. Car ils vont être accusés, en bloc, d'avoir laissé filer une immigration non contrôlée au nom d'un universalisme béat et d'avoir constamment refusé de mettre des mots sur les maux au nom du politiquement correct. Il est tout de même confondant de voir que seule Marine Le Pen a, jusqu'ici, nommé la vérité de ce qui vient de se passer en pointant l'islamisme radical qui gangrène les cités françaises. Chez les autres, la trouille de l'amalgame passe avant tout. Et les musulmans se disent les premières victimes de ce qui vient de se passer, comme si les premières victimes n'étaient les malheureux innocents qui viennent de tomber.

Ce ne ne sont pas des slogans et des manifestations qui nous permettront de redresser la barre. Ou alors il faut admettre que pour être civilisé il faut être faible. 

 

Les contradictions de la République

Ce n'est pas moi qui l'affirme, mais Malek Chebel dans Ouest-France: "Non seulement l'Islam n'a pas réussi son aggiomamento mais il a pris la direction inverse aujourd'hui puisqu'il fait le lit des fondamentalismes et des sectaires." C'est un philosophe musulman réformateur qui le dit et il ne se met pas la tête dans le sable. Nous voyons aussi, ce matin, des éditorialistes très connus commencer à se poser des questions sur le rapport entre l'islam et l'islamisme et sur la "résistance" réelle de nos sacro-saintes valeurs de la République. 

Il y aura un avant Charlie et un après, mais ça commence mal. Le front républicain se fissure déjà avec le refus de la gauche à accepter le FN dans la manifestation de dimanche. A l'intérieur de l'UMP, les propos de Sarkozy sur les civilisations à la sortie de l'Elysée sont contestés par Rachida Dati. 

Autrement dit refuser la présence du FN pour la raison qu'il ne serait pas républicain, c'est rejeter le vote d'au moins un quart des Français. Dans le même temps on accepte dans la manifestation les représentants d'un culte (dont des membres des Frères musulmans), dont la lecture de la vie politique est encore largement théocratique! Je n'oublie jamais que le coeur de l'islam sunnite est un Etat moyen âgeux, l'Arabie saoudite. Il y a là une contradiction terrible dans le jugement des hommes politiques de gauche, qui risque encore de coûter très cher. Les dirigeants du PS affirment qu'il n'y a pas de place pour ceux qui stigmatisent une religion. Ils donnent juste le sentiment de protéger un électorat qui a permis l'élection de François Hollande tout en fermant les yeux sur les problèmes spécifiques posés par l'islam.

Malek Chebel a raison. Il est grand temps que les musulmans modernes qui vivent parmi nous prennent leurs affaires en mains et jettent un regard critique sur certains aspects de leur religion. Mais il se leurre lorsqu'il affirme ne pas comprendre pourquoi une religion qui a cent ans de présence en France est si mal comprise. 

Il est temps que les politiques comprennent quelque chose que les Français ont compris depuis longtemps: l'islam n'est pas la religion historique de la France. Il a des valeurs, des représentations, un fonctionnement, une histoire qui posent des problèmes différents de ceux qui furent posés, en leur temps, par l'église catholique. 

Une partie de l'islam n'admet pas le blasphème, ne reconnaît pas la liberté de conscience et est prêt à défendre son point de vue les armes à la main, quitte à régner par la peur. Qui osera maintenant caricaturer Mahomet? Et qui osera comparer les intégristes catholiques à ces gens là? 

Aussi longtemps que les musulmans prétendront, la main sur le coeur, qu'ils ne sont responsables de rien et que "ce n'est pas cela l'islam", rien n'avancera. 

Je me souviens d'un pape célèbre qui avait dit: "France qu'as-t-fait de ton baptême?" Aujourd'hui on peut sire également: "France qu'as-tu fait de ta laïcité?"

 

 

12 morts...

Oui nous sommes en guerre. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier l'horrible assassinat de douze braves types qui aimaient s'amuser en travaillant et s'adonner à la provocation. On pouvait parfois trouver leur travail de mauvais goût, mais on se disait avec un rire retenu: "Putain ils ont osé! Et ça faisait du bien". Ils ont tué Charb. Ils ont assassiné le "Grand Duduche" qu'on lisait dans Pilote, adossés au mur de la cour du lycée. Comment ont-ils pu? Les salauds qui ont fait ça n'appartiennent ni à notre civilisation ni à nos traditions. Car même au Moyen Age, la satire s'invitait déjà dans les sculptures anticléricale des églises et des abbayes. Faut-il encore rappeler que la période pourtant agitée de la Séparation entre l'Eglise et l'Etat s'est faite sans coups de feu, même s'il y a eu de sévères empoignades. J'invite chacun à aller regarder les caricatures qui paraissaient, dans les années 1900 dans la presse anticléricale. On pourrait presque dire que les caricatures de Mahomet n'étaient que de la petite bière à côté. 

Oui, nous sommes en guerre. Oui, il existe des quartiers où, sournoisement, se sont installées des mini-guerres de civilisations et nous avons laissé faire. Ou plutôt, nos bonnes âmes politiques, toujours prêtes à prêcher la morale publique, ont laissé faire sous couvert d'humanisme et de respect des droits de l'homme. Insidieusement, ils ont reculé pas à pas, laissant s'installer, au nom des droits de l'homme, les ennemis des droits de l'homme. Il est bien tard maintenant pour faire face à cette barbarie solidement installée chez nous. 

Ces événements surviennent alors que de violentes polémiques ont entouré la sortie des livres de Eric Zemmour et Michel Houelbecq. Le premier a été traîné dans la boue, décrit comme le représentant de la France qui pue, de la France xénophobe et raciste. Il en va de même pour Michel Houelbecq avec un peu moins de virulence néanmoins. Ces deux écrivains avaient eu le tort de s'interroger sur l'islam. Eh bien, après ces "travaux pratiques" sanglants, nous voilà projetés au coeur du questionnement, sans pouvoir tourner la tête cette fois, sans pouvoir clamer je n'ai rien vu, sans pouvoir se réfugier dans les confortables bistrots parisiens et clamer son amour pour l'humanité.

La question qui fâche se pose avec une violence comparable à celle qui a tué. Toutes les valeurs de l'islam sont-elles compatibles avec la démocratie occidentale? On a souvent détourné la tête, on a même donné des arguments susceptibles de justifier les actions de ceux qui ont choisi la guerre: la pauvreté, la famille, les discriminations et que sais-je encore. Tous ceux qui tentaient d'aborder les questions culturelles pour expliquer l'échec de l'intégration se voyaient déverser des torrents de haine sur la figure. Toute tentative d'explication vous rejetait vers les fascistes et vous condamnait au silence dans les médias. Et tout cela se terminait par la sainte phrase: "Non ce n'est pas l'islam." D'ailleurs, l'islam n'a rien à voir avec l'islamisme. Circulez y a rien à voir, vous n'y comprenez rien du tout. Jamais on n'a vu un tel aveuglement dans la presse française et européenne. jamais les élites n'ont autant méprisé les peuples autochtones dans leur revendication à l'assimilation des étrangers vivant sur notre sol. Tout cela au nom de la déclaration universelle des Droits de l'homme. En prenant bien garde de préciser que plus de 50 Etats musulmans n'acceptent pas cette Déclaration et ont produit une déclaration des droits de l'homme en islam compatible avec la charia. Mais tout cela, bien sûr, n'avait aucune importance. ceux qui s'inquiétaient n'étaient que des salauds d'islamophobes et des racistes. On a même inventé, pour tué le débat, la notion de racisme envers une religion. Bref, on parle de l'islam sans jamais dire ce qu'il est: autrement dit, pas seulement une religion, mais aussi un système législatif dont les rituels s'invitent dans tous les aspects de la vie sociale, créant de facto une division dans l'espace public. 

Nous voilà donc mis devant la réalité. Pour défendre nos valeurs, il ne suffit pas de bons sentiments. Nous ne vivons pas dans un monde parfait et nous découvrons que la laïcité (produit de la pensée occidentale et du christianisme) est rejetée par nombre de ceux qui vient parmi nous nous. Combien sont ceux qui pensent que la souveraineté appartient à Dieu et que le christianisme, derrière les paroles sucrées, est une hérésie à combattre? On n'ose y penser. Nous voilà donc rejetés en arrière dans le passé et face à une montagne.

Evidemment la question de l'unité nationale, mise aussitôt en avant par le président de la République, n'est pas une petite question. On ne peut pas condamner en bloc, même après un assassinat de cette ampleur, des centaines de milliers de braves gens qui n'ont rien fait à personne et sont heureux d'avoir trouvé l'Etat de droit en France. Néanmoins, il faut de l'autorité pour faire respecter nos valeurs. Pas seulement des mots. Il ne suffit pas d'avoir toujours l'excuse au bord des lèvres. Voilà où notre mauvaise conscience européenne nous a conduits.

Au bord du gouffre.

Je dis depuis longtemps que la France est fatiguée et que ses élites s'abandonnent peu à peu à tous les vents. C'est ce que dit aussi Houelbecq.

Il est peut-être encore temps de se ressaisir. Mais les plats ne repasseront pas plusieurs fois. 

Hier, dans la stupéfaction générale, on a commencé à entendre un autre discours à la télévision. On a vu des hommes meurtris d'avoir perdu des amis commencer à dire qu'il allait falloir regarder la réalité en face. sait-on jamais! 

 

Une fois de plus...

Une fois de plus il nous a dit qu'il tenait bon. Qu'il avait échoué sur le chômage, mais qu'il avait engagé des réformes qui allaient payer. Il nous a redit qu'il voulait réformer sans casser le modèle social français, justification du rien faire. Car les réformes Hollande ne sont que des attrape-nigaud, il n'y a que lui qui fait semblant de ne pas le savoir. Oui il y a une grave crise identitaire dans le pays, le président l'admet, mais ne pas prendre des mesures est une affaire de "valeurs". 

Comment la France pourrait-elle être encore une espérance? On en revient au livre de Houlbecq qui fait tant de bruit!

La classe politique semble tétanisée devant les défis qui sont devant nous. On a même l'impression d'un renoncement généralisé, d'un abandon, d'une noyade assumée d'un pays dans la mondialisation.

Tout cela n'empêche pas Ouest-France de titrer en une: "Hollande prêt à tous les risques". J'ai failli éclater de rires. je ne savais pas que le quotidien faisait dorénavant dans le comique.

Territoires

On nous bassine beaucoup, en ce moment, avec la naissance des Métropoles et la diminution du nombre des Régions. La communication gouvernementale vise à nous démontrer que nous sommes engagés dans de vraies réformes structurelles et qu'on va y gagner beaucoup d'argent: des territoires plus efficaces, rassemblés  autour de grandes métropoles donnant le "la"

On voudrait bien qu'il en soit ainsi. Malheureusement, la naissance des nouvelles grandes Régions est impulsée d'en haut (logique jacobine) sans tenir compte des réalités historiques et culturelles. On l'a vu notamment dans le cas de l'Alsace et la Bretagne, qui montre que la méfiance des élites parisiennes demeure inchangée dès lors qu'il s'agit de modifier le modèle vertical français. On sait que le modèle qui marche ressemble peu ou prou au modèle allemand, qu'il serait bon d'injecter une petite dose de fédéralisme, mais les élites politiques françaises s'y refusent absolument, même lorsqu'elles se targuent d'être ancrées dans les territoires. La décentralisation française est donc pour partie illisible: elle maintient le modèle jacobin tout en prétendant accorder des souplesses (mais pas trop) aux territoires de la République.

Bien sûr, en France, le "fédéralisme" est un gros mot, voire une insulte. Le fédéralisme c'est le contraire de l'égalitarisme, religion républicaine (surtout de gauche). Et pourtant, il démontre à quel point, là où il existe dans les pays avancés, il est un modèle de gouvernance et de respect des citoyens dans la proximité. On peut toujours rêver. 

S'agissant des Métropoles, il aurait été si simple (mais coûteux politiquement sans doute), de fusionner toutes les communes agglomérées des unités urbaines de plus de 80 000 habitants par exemple. Là, on aurait fait de très grosses économies de fonctionnement et tout de suite. 

Réfugiés

Nul ne peut regarder sans compassion les bateaux remplis de réfugiés qui affluent vers l'Europe sur des bateaux pourris, victimes de passeurs sans scrupules. Nous sommes tous des frères en humanité. mais nul ne peut, non plus, rejeter avec mépris (comme certains le font) l'angoisse des Italiens qui se retrouvent en première ligne de cet afflux massif. Nous ne vivons pas dans un monde parfait. l'histoire est tragique. Et cet afflux, s'il se poursuit durablement, aura des conséquences pas forcément positives sur la vie des Européens.

Je me souviens d'une conversation que j'avais eue avec Jean Raspail (l'auteur du "Camp des Saints" qui imagine une invasion massive de la France par de pauvres hères venus du Sud ) à l'occasion d'un salon du livre auquel nous participions conjointement. Il m'avait expliqué à quel point il avait été diabolisé et de quelle manière cette diabolisation avait lancé un livre qui démarrait mal. Aurait-il eu raison avant les autres? L'Europe va-t-elle se trouver appauvrie et déstructurée par un afflux massif d'hommes et de femmes d'autres cultures? 

La question n'est pas politiquement correctemais il faudrait être fou pour ne pas se la poser. Il ne suffit pas de pratiquer un universalisme béat ou de vivre chrétiennement dans l'accueil de l'autre. L'histoire des hommes ne fonctionne pas de cette manière. Il faut faire du mieux que l'on peut tout en cherchant à ne pas provoquer le pire.

Voeux

Il a dit: "la France n'est pas une nostalgie mais une espérance". Eh bien non, la France n'est plus une espérance.

La seule chose que François Hollande a voulu nous dire sans le dire, c'est qu'il a le cuir dur et qu'il faudra compter sur lui en 2017. Le reste.... c'est peanuts. Les petites réformettes de la présidence ne permettront pas aux entreprises d'embaucher, malgré les exhortations élyséennes. la soi-disant politique sociale libérale du gouvernement ne rendra pas au secteur marchand tout ce qu'on lui a pris depuis plusieurs années. La réforme régionale? De la poudre aux yeux. Il faudrait une gouvernance locale avec des pouvoirs forts. Or, cela ne se fera jamais. Dans toute son histoire, l'Etat central a toujours préféré refuser des transferts de compétences forts quitte à se retrouver durablement affaibli. 

 

Monarchie

On se croirait revenus sous la monarchie décadente. Plus que jamais, le journaliste parisien use sa salive a savoir dans quel décor François Zéro va présenter ses voeux aux français. On disserte longuement sur l'apparence, on nous dit qu'il va tenter de renouer avec ses illustres prédécesseurs, que les voeux dans le bureau vont restaurer son autorité, qu'il va enfin faire son Mitterrand. 

Mais de qui se moque-t-on?

Les Français n'en sont plus là depuis longtemps. Et d'ailleurs, il n'y a eu qu'un seul monarque républicain qui ait eu le respect des Français, c'est de Gaulle. Les autres ont été bons, moyens ou nuls. La constitution gaullienne nous montre d'ailleurs à quel point elle est inadaptée aux hommes de notre époque. La constitution gaullienne était faite pour le référendum (le retour au peuple pour trancher) et la démission du premier d'entre nous si nécessaire. 

De Gaulle avait-il perçu ce qu'un grand journaliste américain (Sulzberger) avait appelé "L'ère de la médiocrité?"

Aujourd'hui, nous avons les monarques sans le Roi, symboles d'unité déchus, méprisés. Nous avons des Louis XV républicains. Car ce qui se passe en ce moment est aussi grave que l'abandon du Canada en 1763.

C'est pas la fête

Nous voilà au bout d'une nouvelle année politique et l'on peut dire, sans se tromper, que ça n'a pas été la fête. Nous avons un président que personne (ou presque) ne respecte, un gouvernement qui dit faire des réformes social-libérales, mais qui, en réalité, se contorsionne à l'infini pour tenter de sauver son électorat de fonctionnaires. Donc, on ne touche pas à la fonction publique, c'est à dire, au coeur de toute réforme structurelle. Nous avons des collectivités territoriales qui continuent à embaucher (donc à augmenter les impôts) alors que le chômage continue d'augmenter. Jamais depuis longtemps, nous n'avons eu l'impression aussi grande d'un retour à gauche des rêves marxistes. Nous avons un gouvernement qui fabrique du chômage et qui, du coup, intervient de plus en plus dans la vie collective pour assister la misère qu'il crée lui-même.

Mais cela n'est pas tout. Le politique se mêle de plus en plus de l'intime, de la croyance, des convictions, il dit ce qu'il faut penser dans de nombreuses matières, comme si une certaine vision du républicanisme était devenu une religion. Nous savons bien que dans la pensée de gauche, il y a longtemps que l'Etat a remplacé Dieu, mais là, nous entrons dans une zone dangereuse. Nous avons eu la querelle sur le genre, sur les crèches, on nous dit ce qu'il faut penser de l'immigration, de l'Islam, de l'intégration. On publie de petits lexiques de bien pensance destinés à nous faire croire que le gouvernement tient fermement la barre. Seule la religion de Mahomet trouve grâce aux yeux du gouvernement, alors qu'elle invite sa Loi chaque jour un peu plus dans l'espace public. Mais, aux yeux des élites de gauche, la guerre contre l'Eglise n'est pas terminée.

Quelle déception doivent-ils ressentir, tous ces pisse-froid, au surgissement dans l'actualité du pape François? Lequel attire par son discours sur l'homme et la pauvreté (revenant en cela au message évangélique). Autant dire qu'il ôte le pain de la bouche à tous ces prêcheurs civils en costard cravate, grassement payés par la République, toujours aux abris dorés de nos palais, mais vaillants donneurs de leçons.

Chaque jour, les convictions de millions de Français parfaitement tranquilles sont stigmatisées par des coteries parisiennes qui vivent hors du monde. L'affaire Zemmour est d'ailleurs emblématique de cette atteinte grave au débat. Zemmour, jeté à la rue parce qu'il a publié un livre qui connaît un énorme succès auprès des Français, un livre qui ne plaît pas à ces mêmes coteries parisiennes qui vivent loin de la réalité et brandissent les droits de l'homme barricadés derrière leurs beaux quartiers.

On peut ne pas être d'accord avec nombre des thèses du polémiste (c'est mon cas), mais qu'on l'interdise de parole et que des journalistes soient au coeur de cette interdiction, cela dépasse les bornes. Oui, la France connaît des difficultés, oui, la France se déchire sous la pression migratoire. Oui, il existe de petites guerres de civilisations dans certains quartiers. Pourquoi est-il donc si difficile de le reconnaître? Pourquoi l'aveuglement atteint-il ce niveau? Parce que je crois que, sur toutes ces affaires, nous sommes dans une alliance objective entre les ultralibéraux (qui cherchent une main d'oeuvre pas chère) et les droits de l'hommistes de gauche qui mettent l'humanité avant la société. Tocqueville en parlait déjà.

En vérité, toute la gauche (mais aussi une partie de la droite) est tétanisée par le montée du Front national et elle préfère mourir plutôt que de reconnaître ses torts. Ce n'est pas seulement le chômage qui fait monter le FN. C'est le refus des élites politiques de ce pays, qui vénèrent l'idéologie, de prendre la réalité des problèmes à bras le corps. 

François Hollande est, finalement, plus dur que ne le laisse penser son apparence, ses frasques privées et celles de ses ministres. Le voilà engagé dans une entreprise très politique visant à essayer de remonter la pente, notamment auprès de ces Français nouveaux qui l'avaient tant soutenu à la dernière présidentielle. Voilà son Premier ministre qui tente, à son tour de reconquérir les ouvriers. Trop tard, pourrait-on dire. 

Un Etat qui se mêle de tout mais qui n'est plus respecté et qui n'a plus d'autorité. Qui recule à Sivens à la suite du décès malheureux d'un jeune homme, qui refuse d'en finir fermement avec la violence des zadistes et empêche des paysans locaux d'irriguer leurs terres. Un Etat dont la justice vient de faire mourir "mamie Loto" (cette femme âgée qui n'avait pas respecté le règlement des jeux pour aider des associations caritatives) le jour de Noel. Elle avait une retraite de 650 euros et avait été condamnée à une lourde amende de 120 000 euros qu'il lui était impossible de payer. 

La France est fatiguée. ou plutôt ses élites n'ont plus la force de rassembler et de défendre notre héritage. La France largue peu à peu les amarres, victime de son goût pour l'abstraction, de son Etat providence et de ses belles valeurs universelles. Le dernier rêve de nos dirigeants, surtout ceux de gauche, aura été de nous brader au nom de la grandeur de l'humanité. Amen.

François la malice

Ah qu'il est agréable d'entendre un pape tancer tous ces cardinaux! Mais qu'il est terrible de constater que les serviteurs du gars Jésus au sommet de la hiérarchie, acceptent les cadeaux, s'installent dans des appartements de 400 m2, mènent une vie de cour etc, oubliant le message de pauvreté et d'égalité de leur maître!

Evidemment personne n'est parfait. Mais il existe des limites à la décence. Comment, dès lors s'étonner du reflux du catholicisme européen?

Respect des institutions?

Il n'existe pas de démocratie sans respect des institutions et sans une certaine autorité de l'Etat dès lors que ceux qui font tourner la machine ont été élus démocratiquement. L'Etat dit "Jacobin"avait été créé notamment pour éviter l'émiettement de l'autorité et assurer l'égalité de tous face à la loi. Or, aujourd'hui, le modèle français ne marche plus. Nous assistons chaque jour au refus de tel ou tel groupe de pression, parfois avec violence, à chaque fois qu'une réforme est tentée, à chaque fois qu'un projet est lancé après les procédures légales. Les représentants du sommet trouvent même parfois le moyen de désavouer leurs confrères élus d'un niveau inférieur.

Bref, ça ne marche plus dans ce pays. Les réformes, c'est toujours pour les autres. Devant cette situation, les élus de la République font donc semblant s'engager ces fameuses réformes. C'est le cas du gouvernement pour  le CICE et le Pacte de responsabilité. Nous sommes dans un jeu de dupes où les élites politiques de ce pays font tout pour sauver un modèle d'organisation administrative qui ne fonctionne plus et pèse beaucoup trop lourd sur les forces productives. Ce qui compte d'abord pour tout pouvoir en place c'est "comment je vais pouvoir sauver mon électorat". 

L'Etat n'a plus d'autorité et pourtant, il se retrouve devant de nouvelles échéances extrêmement graves. La faillite annoncée des retraites complémentaires du privé (agirc et arrco) appelle de nouvelles réformes rapides et sans ambiguité. La révolte des patrons de PME, écrasés sous les impôts et sous les normes (malgré la soi-disant simplification) et les impôts pourrait dorénavant aboutir à un refus de payer l'impôt. L'exaspération est telle que cette hypothèse pourrait fort bien devenir réalité. 

Tout cela se déroule alors que nous apprenons que le nombre de fonctionnaires a encore augmenté dans les collectivités territoriales. Allez donc comprendre?


 

Vive l'immigration!

Pourquoi croyez-vous que le locataire de l'Elysée est allé, hier, inaugurer un musée de l'immigration ouvert de puis 7 ans et qui ne reçoit, paraît-il, que peu de visiteurs? Il veut montrer qu'il est du côté des faibles bien sûr. Donc, il veut parler à une gauche qui ne le considère plus de gauche. Mais surtout, il fait de la politique en prévision des futures élections. Il pense qu'en intervenant sur un sujet aussi clivant (car il l'est), il va mettre du vinaigre sur les divisions au sein de l'UMP et entre l'UMP et le Centre. Hollande ranime la guerre entre les universalistes (qui l'on trouve dans les deux camps) et ceux qui, plus prudents, croient que les sociétés ont besoin de cohésion. Enfin il fait un appel du pied à l'électorat français musulman qui l'a si bien aidé en 2012 et qui l'a fui avec le mariage pour tous.

Les mots ne mangent pas de pain. Ils peuvent s'abstraire de la réalité dès lors qu'ils s'envolent avec une certaine élégance. Il existerait une France du grand large, dont il serait le représentant et une France du repli et du dépit. Une France qui, si elle l'emportait "ne serait plus la France". Hollande renverse la proposition sans la moindre réticence. Ce ne sont pas ceux qui craignent une immigration non maîtrisée qui représentent la vraie France, mais ceux qui en veulent toujours plus. La vraie France, dit-il, elle est là!

En vérité, François Hollande cherche le clivage sans le moindre scrupule historique ( l'immigration massive est un phénomène récent) et en évitant de poser les questions qui fâchent vraiment les Français dans mon genre. Je suis un fédéraliste européen, je ne suis pas opposé à l'immigration maîtrisée, je ne voterai jamais pour un parti extrême, mais la seule question qui fâche, et qui n'est jamais abordée, est celle de l'immigration islamique. On feint de considérer que toutes les religions fonctionnent avec les mêmes ressorts et que l'islam acceptera le socle républicain laïc. Or beaucoup de faits, sur notre territoire et ailleurs, démontrent le contraire. On feint d'ignorer l'ébullition islamique, son histoire longue, son opposition au monde occidental au nom d'une sorte d'idéologie républicaine, alors que, dans le même temps, les services spéciaux arrêtent des jihadistes potentiels et que le Moyen Orient est en feu.

C'est de tout cela que les Français ont peur. Pas seulement de perdre leur boulot. A la télé, on invoque les conséquences de la crise pour expliquer la montée des peurs. Mais la question n'est pas aussi simple. Je suis persuadé qu'il existe autant d'électeurs de gauche que de droite à partager les mêmes craintes. Mais il est tellement difficile de parler dans ce monde prétendument démocratique. Vous êtes pour une réforme de l'Etat? Vous êtes tout de suite catalogué de droite! Vous posez des questions sur l'Islam? Vous devenez sur le champ un salaud de raciste xénophobe! Vous prétendez que la famille traditionnelle est la meilleure solution sans une once d'animosité pour les autres types de famille? Vous êtes tout de suite un intégriste catho proche de l'extrême droite. Vous doutez que l'homme soit responsable du réchauffement climatique et qu'il y a tout lieu de craindre la nouvelle religion verte dans ses pires excès? Vous êtes tout de suite un barbare irresponsable. Vous prétendez que l'emploi est supérieur à l'assistanat? Vous voilà devenu un salaud de libéral. Comme si le libéralisme était sale. Vous aimez les crèches et leur symbolique? On vous pourchasse jusque devant les tribunaux. La libre pensée veut instaurer la pensée unique. Vous protestez contre l'arrivée de la loi islamique dans les cantines ou les piscines? Vous protestez contre les pressions auxquelles sont soumis les enseignants dans les quartiers? Vous n'êtes qu'un raciste, un sale gaulois qui n'a pas vu que la France a changé. La télévision est devenue un lieu de formatage quotidien, pire que sous de Gaulle, où les questions importantes sont rarement posées ou mal posées. Il n'existe aucune démocratie médiatique dans ce pays. Le monde nouveau a fait exploser le journalisme tout autant que la classe politique.

Et ils se demandent pourquoi la France va mal! Pourquoi la peur et la haine sont partout. Pourquoi on vomit sur le politique aux quatre coins du territoire! jamais les Français n'ont autant eu le sentiment d'être colonisés par des types qui font de l'entre-soi dans une capitale plus que jamais déconnectée de la réalité française. Le stade ultime de tout cela, si nous ne nous reprenons pas, je préfère ne pas l'envisager tellement il est sombre. 

Pauvres collectivités!

Des maires de Seine Saint Denis viennent de se faire photographier en caleçon - c'est devenu une mode - pour protester contre la baisse des aides de l'Etat aux collectivités. Je ne vois nulle part la question suivante qui me paraît essentielle: "Est-il normal que de l'argent public national aille financer des collectivités qui, elles-mêmes, prélèvent l'impôt?

Il y a peu de temps encore, le déficit du budget de l'Etat correspondait presque exactement à l'argent transféré.

Le transfert de fonds d'Etat aux collectivités a le mérite d'aider les communes qui ont un faible potentiel fiscal. Mais elles arrosent aussi celles qui ont un fort potentiel. Elles ont surtout le désavantage d'être un pousse à la dépense: les maires investissent avec de l'argent qui n'a pas été prélevé sur place. 

Les maires aiment dépenser et ils sont d'autant plus tentés avec cet argent qui vient d'ailleurs. On pourrait gagner beaucoup d'argent en mutualisant les services, en renforçant les communautés de communes, y compris en milieu rural. Mais ces "pauvres" élus ne se parlent qu'à eux mêmes et prennent bien garde de demander l'avis de leurs contribuables!

Vous noterez que la question n'est jamais posée de cette manière, ni dans la presse écrite, ni à la télé. Le système vertical, hiérarchique et autoritaire s'est tellement imposé, la culture de la dépense est tellement ancrée que plus rien ne bouge. On fait de la mousse au sommet pour laisser croire que la démocratie fonctionne et pendant ce temps, le mammouth poursuit son chemin.


chauffeur de bus

Le brillant Emmanuel Macron nous promet une loi pour déverrouiller la France. Que reste-t-il de celle loi? Des autocars pour concurrencer la SNCF et des femmes qui vont bosser un peu plus le dimanche. Où est la réforme du code du travail? Celle des seuils sociaux? Où est la réforme de l'Etat, qui est majeure si l'on veut avancer dans la mondialisation? 

Il ne restera du brillant banquier qu'un chauffeur de bus...

La Faute à qui?

Un maire, René Marratier, vient d'être condamné lourdement à quatre années de prison ferme et son adjointe à deux ans à la suite des inondations survenues à La Faute sur Mer en Vendée. 

Il est vrai que ces inondations avaient causé la mort de vingt personnes, mais cela ne m'empêche pas de m'étonner de voir la charge portée uniquement par un élu et qui plus est, un élu de petite commune. L'Etat étant, de son côté exonéré de toute faute. Comme par hasard. 

Je ne connais pas exactement les événements de La Faute sur Mer, mais étant natif d'un littoral, je sais quels risques non avoués sont prêts à prendre certaines personnes pour se trouver au plus près de l'océan. Autrement dit, si les maires ont envie de faire grandir leur commune et augmenter leurs rentrées fiscales, ils trouvent, face à eux, des gens qui sont parfois prêts à se leurrer sur les risques futurs d'inondation. Cela ne fait aucun doute. Bref, pour construire dans certaines zones, il faut un maire qui sous-estime délibérément les risques et un potentiel résident qui a envie d'entendre ce discours. Pas besoin d'être géologue pour comprendre dans l'instant qu'il n'est pas raisonnable de construire à certains endroits. 

Je lis aussi que l'administration n'aurait pas de torts qu'elle ne pouvait rien faire, alors que les sous-préfectures sont remplies d'ayatollah qui exercent un contrôle de légalité sourcilleux sur les permis de construire délivrés par les maires!

L'affaire n'est pas terminée et le maire de La Faute a sans doute des torts importants. Mais, en l'état actuel, le verdict prend la forme d'une défausse de l'Etat et de la sphère publique  de ses propres responsabilités. Car il est vrai que les petites communes n'ont pas de "services" pointus et que l'administration demeure (malgré les apparences) le conseiller privilégié des "petits maires". Est-il normal que René Marratier porte seul la responsabilité d'un tel drame?

Je connais particulièrement une commune soumise à la loi littoral, où l'on préfère continuer de construire dans les dunes désormais inondables- avec l'aval de l'administration - plutôt que sur les coteaux. On marche sur la tête.

Loi Macron

On nous parle beaucoup de la loi Macron destinée à débrider l'économie et dont on dit qu'elle peut être retoquée par la majorité de gauche. Tout ceci n'est qu'un jeu de rôle destiné à tromper le citoyen. On nous présente une centaine de mesures de tous ordres qui sont autant de leurres et destinées à faire croire qu'il existe une volonté de réforme au gouvernement. La vérité, c'est que ce dernier ne veut pas s'attaquer aux quatre ou cinq grandes réformes qui permettraient de redonner de l'air à l'économie, parce que ces réformes impactent directement l'électorat de gauche (et notamment la fonction publique).

Toutes ces soi-disant élites oublient qu'en quarante ans il s'est passé quelque chose d'essentiel. Elles ont affaire à des citoyens de mieux en mieux formés et de mieux en mieux en mieux informés malgré la collusion qui existe entre la presse parisienne - et spécialement à la télévision - et le pouvoir. 

Je les fréquente chaque jour ces petits français dont toujours les mêmes nous parlent du bout des lèvres. Ils n'en peuvent plus de s'entendre dire, toujours par les mêmes, ce qu'il faut penser, ce qui est bien pour eux.

La gauche française se prétend au coeur du combat contre les inégalités. Or, quelle est, aujourd'hui, la pire des inégalités? C'est de ne pas avoir de travail. Or, que fait elle pour que cela change? Elle nous récite une fois de plus qu'elle n'aime ni le marché ni la concurrence. Avec ça on va aller très loin. Nos petits Robespierre de pacotille vont changer le monde avec leurs larges épaules c'est bien connu!! Mais que qui se fout-on?

Et je ne parle pas de toutes les autres questions qui fâchent et que l'on met sous le tapis, parce qu'elles chahutent durement ce modèle républicain auxquelles s'abreuvent nos élites.

Si l'on en croit les dernières législatives partielles, le PS est tout simplement en train de mourir à petit feu. Et l'on continue de voir les idiots de l'aile gauche qui s'agitent en laissant croire que s'il en est ainsi c'est parce que le PS a oublié qu'il est de gauche!! Je ne vois pourtant pas que les partis d'extrême gauche profitent de la situation au contraire. Le peuple a mieux compris que ses élites dans quel monde nous vivions.

Rien ne prouve, cependant, qu'un retour de la droite (et encore moins une arrivée de l'extrême droite) changera positivement les choses, tant nous sommes enkystés dans un gouvernement de professionnels qui ne se parlent qu'à eux-mêmes et dont le seul but est de chercher la meilleure manière de durer. Des hommes qui vivent dans le monde mort de l'idéologie ou qui croient que l'on peut encore gouverner le pays d'en haut. Cette critique vaut aussi pour les syndicalistes "professionnels" dont la plupart n'ont rien compris. Si l'emploi était leur préoccupation, on les aurait entendus dans les affaires de Notre-Dame-des-Landes, de Sivens et autres. Or, nous n'avons entendu que le grand silence des "connivents". 

Crèches

Et voilà que l'on interdit les crèches dans les lieux publics sous le prétexte d'appliquer la loi sur la laïcité. Combat pour la neutralité absolue de l'espace public comme le prétendent certains laïcards? Je n'en crois rien. Il y en a qui continuent à régler leurs comptes avec l'Eglise, un siècle après et qui, bien sûr, nient leur héritage. Dites moi, sérieusement, quel mal peut faire une crèche (symbole de paix absolue) dans une mairie?

Le plus navrant dans cette histoire, ce n'est pas Philippe de Villiers, c'est le spécialiste des religions, Jan Baubérot, interrogé par l'Obs. Selon lui, les autres religions sont les victimes du durcissement constaté envers l'Islam. Ce que l'on refuse à l'islam, on le refuse aussi à la religion "historique". Le seul problème c'est que les mêmes rigides envers le christianisme ne refusent rien à l'Islam.

 L'argent coule à flots pour construire des mosquées, la loi islamique s'immisce jusque dans les cantines de nos enfants avec la bénédiction des pouvoirs publics. Et nous avons une ministre de l'Education qui vient d'autoriser les mères voilées à accompagner les gosses dans leurs sorties scolaires. Au nom bien sûr, d'une laïcité "ouverte".

Bien sûr ce qui se passe au Moyen Orient est un épiphénomène. D'ailleurs, il ne s'y passe rien. Nous sommes les bons alliés de pays qui financent l'islamisme, qui interdisent aux femmes de conduire, qui imposent la loi religieuse, coupent des mains. Des pays qui, pour beaucoup ne reconnaissent pas la Déclaration universelle des droits de l'Homme. 

Certains diront que je défends des positions islamophobes très en vogue à droite. C'est faux. La réalité est beaucoup plus complexe. La crainte de l'islam et de son modèle "législatif" est dans toute la société, aussi bien à droite qu'à gauche. Le royaume de Jésus n'est pas de ce monde, il différencie le domaine du prince et le domaine religieux. Peut-on en dire autant de la maison d'en face?

Puisque nous en sommes arrivés là, laissons la gauche et la soi-disant libre pensée détruire les églises (qui sont dans l'espace public), interdisons aux cloches de sonner, mettons à l'index la musique religieuse, changeons les noms des milliers de villages qui portent des noms de saints chrétiens, mettons bas les calvaires, changeons même la datation de notre calendrier puisque nous sommes en 2014 après jésus-Christ. Alors, nous ne serons plus de nulle part comme dans le meilleur des mondes, juste des êtres abstraits. C'est ainsi que nous fabriquerons des jeunes armés jusqu'aux dents qui s'en iront faire le jihad. 

Le monde des adultes d'aujourd'hui est un monde sans espérance qui singe les valeurs dont il a hérité du christianisme - nous sommes éreintés par les donneurs de leçons à la télé - et dont il refuse l'héritage. Tout cela aura un prix.