Changement de civilisation, crépuscule de l'Europe: ainsi apparaît pour beaucoup d'entre nous ce qui se joue actuellement sur la scène nationale. Nous cherchons les liens secrets entre les événements du quotidien, que ce soit le mariage gay promulgué, le vote des étrangers, qui revient, l'immigration qui se poursuit alors que la crise perdure, la morale reprise en main par l'Etat socialiste (et non pas l'instruction civique), la mauvaise passe du lien franco-allemand et j'en passe. Est-il normal que l'Etat s'insinue dans les convictions intimes des citoyens jusqu'à la fracture, comme s'il s'agissait d'en finir définitivement, cette fois avec le christianisme et sa morale? Les milliers de maires qui refusent de célébrer des mariages gays en sont la rançon. Mais l'Egalité est un dieu sans visage et sans transcendance qui nie les réalités les plus fondamentales.
Nous voyons chaque jour se dissoudre les vérités qui nous unissaient et -alors que nous sommes en démocratie - l'impossiblité de défendre notre point de vue. Tous les moyens audiovisuels ( ou tout simplement audio) sont entre les mains d'un seul camp, au point de fabriquer un agacement qui devient peu à peu de la colère et de la haine à l'encontre d'une profession qui a été la mienne et que j'ai aimée. La majorité a découvert avec stupéfaction que la sécularisation n'était qu'apparence. Et elle va sans doute le payer cher.
De gauche ou de droite, on perçoit les symptômes d'une maladie dont tout le monde semble atteint, une sorte de grande fatigue qui va se dissoudre dans les droits de l'homme jusqu'au renoncement de soi. Nous savons aussi que les extrêmes ne sont pas une solution, nous savons qu'il faudrait une refondation portée par des hommes exceptionnels qui ne craignent pas d'affronter la réalité. Mais les hommes politiques exceptionnels ont disparu de notre champ de vision.
Le plus étonnant, ces derniers temps, c'est de voir que les coups de boutoir à notre société sont donnés sous le commandement un petit homme grassouillet sans le moindre charme, sans le moindre charisme, qui ressemble selon vos voeux à un petit fonctionnaire de guichet ou à un notaire rural. Qu'il soit habile, malin, comme on nous l'assène en permanence, je le veux bien, mais cette habileté là n'a aucune grandeur, c'est celle du maquignon. Cet homme, pourtant issu de la haute fonction publique, entouré de gens issus des mêmes écoles que lui, qui fuit sans cesse les problèmes posés à la France, nous entraîne quelque part... Mais où?
Et s'il est vrai que la droite se déchire et n'a pas de réponses claires à apporter aux "réformes" récentes initiées par la majorité, il est vrai que la gauche se sera montrée dans son extrême nudité: un parti qui ne se reconnaît plus dans l'histoire des sociétés et qui jette la vieille France dans une perte de repères incroyable.
C'est terrible d'aimer ses idées mieux que les gens.
Les graves incidents de Paris nous ramènent forcément à des questions essentielles sur les civilisations. Dans "Bilan de l'histoire", René Grousset affirmait: "En général aucune civilisation n'est détruite du dehors sans s'être tout d'abord ruinée elle-même, aucun empire n'est conquis de l'extérieur, qu'il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leurs raisons d'être, quand l'idée dominante autour de laquelle elle s'étaient naguère organisées leur est redevenue comme étrangère. Tel fut le cas du monde antique (...).
Grousset ne craignait pas d'affirmer "que le spiritualisle chrétien est bien l'héritier de la sagesse antique (...) dont il se présente comme le couronnement."
C'est sans doute la civilisation chrétienne qui est en train de mourir.
La politique est l'art du mensonge.
Et voilà donc les menteurs d'hier, ceux qui s'opposaient violemment à la précédente réforme des retraites, obligés, aujourd'hui de s'y coller. Bien sûr, on trouvera des mots bien proprets pour rendre l'affaire idéologiquement acceptable. Mais il n'empêche qu'il va falloir d'y mettre et dare dare.
On peut espérer, pourquoi pas, que la gauche saura mieux que la droite, faire avaler la couleuvre aux salariés du privé et aux fonctionnaires.
Autrement dit on n'est jamais aussi bien trahi que par les siens..
Et si ondisait enfin la vérité?
Ah qu'elle est belle la victoire d'un club sans traditions, d'un club fabriqué à coups de millions par les financiers islamistes, où l'on voit plus que jamais des smicards et des chômeurs applaudir des millionnaires bien plus cons que ceux qui étaient affichés sur le mur du syndicat de la magistrature! Bien entendu le monde du foot s'en moque, les affaires sont trop juteuses et qu'importe ce qui se passera demain.
Justement, demain c'était hier. Et on a vu où conduisait la fête de la victoire dans un club qui n'est rien que de la poudre aux yeux. Et voilà les Français saisis par la peur de ces hordes frustrées qui viennent tout casser en brandissant des drapeaux étrangers. Pour lesquelles le foot n'est qu'un prétexte pour déchaîner la violence et la peur.
Et l'on voit les pouvoirs publics s'écharper sur le niveau du maintien de l'ordre, mais refuser de regarder le problème au fond.
Ils sont plus d'une centaine de députés UMP a prendre le parti de Henri Gaino et a se reconnaitre dans les noms d'oiseau dont il a habillé les magistrats. Sont-ils irresponsables comme le prétend le PS, de s'attaquer ainsi à ceux qui sont chargés de dire la loi et qui ont, de ce fait un statut particulier qui devrait les tenir à l'écart de toute polémique politicienne? J'ai plutôt tendance à penser que tous sont coupables.
Coupables des juges qui affichent leurs opinions politiques et leur militantisme au lieu de veiller sur leur statut de neutralité et d'impartialité. Coupables des juges qui désignent des têtes de turc, fus-ce dans un local privé et qui appellent à voter contre tel ou tel candidat à l'élection présidentielle.
Coupables les politiques de tous bord qui devraient prendre de la distance au lieu d'en remettre une couche. Il fut un temps où la justice était sous la botte de l'Etat et ne servait qu'à maintenir à tout prix l'ordre établi. Par un furieux coup de balancier, les juges s'arrogent aujourd'hui le droit de critiquer la loi et de mettre en avant une justice politique. Des juges qui, par ailleurs, refusent toute sanction lorsqu'ils commettent d'irréparables dégâts.
Tout cela pour dire que les institutions françaises ne marchent pas tout simplement! Elles sont à l'image d'un pays de prétendus "citoyens" qui se détestent à chaque seconde.
L'esclavage est un autre débat bien français. François Hollande a bien raison de dire que cette horreur du passé ne peut pas se monnayer. On se demande aujourd'hui comment des chrétiens ont pu conduire des entreprises semblables dans un temps encore si proche de nous. Et pourtant, ils l'on fait dans une époque, aussi, où l'on tolérait la brutalité comme naturelle: faut-il rappeler que dans le monde des blancs, avant la Révolution, plus de 400 000 paysans français vivaient encore dans une condition proche du servage, sous le régime de ma "mainmorte?" Alors que l'esclavage sur le sol français (mais pas en dehors) avait été interdit dès 1315 par un édit royal?
Bien sûr, nous devons partager la mémoire de ceux qui ont souffert mille morts et pire encore, le déni de toute dignité humaine. Mais ce n'est pas une question d'argent. C'est en mesurant ensemble le chemin parcouru que nous rendrons justice à ceux qui ont subi le pire.
Il y en a quand même, sur un tel sujet, qui ne se posent pas beaucoup de questions: qui nous parle de l'esclavage moyen oriental (arabe) qui a duré beaucoup plus longtemps et qui a même razzié l'Europe? Surtout pas! Surtout ne pas charger la mémoire de nos jeunes compatriotes musulmans d'un poids insupportable alors qu'ils subissent d'aurtes discriminations! Nous ferions mieux de ragardes les choses en face. L'esclavage a traversé toute l'histoire humaine connue.
Ah si on n'avait pas l'Allemagne! Merci Teutonnie, d'exister, merci de nous tenir lieu de bouc émissaire pour nos turpitudes, pour notre incapacité à nous réformer. Merci encore de nous aider à demeurer aveugles sur nous-mêmes.
Comment réformerions-nous un système qui est le meilleur du monde, le plus moral, le plus "citoyen"?
Merci l'Allemagne d'être responsable de 30 ans de déficits français, merci l'Allemagne d'avoir été autrefois notre ennemie, ce qui nous permet de regarder de haut tes propres succès et tes réformes!
Les élites françaises sont au bord de la crise de nerf: comment un pays qui a produit Hitler pourrait-il être exemplaire dans le dialogue social, dans le consensus, dans le respect de l'entreprise alors que c'est nous - du moins à ce qu'on prétend - qui avons inventé les droits de l'homme?
Ah là là! Notre chômage est le double du leur, mais ils n'ont pas de Smic et ils ont inventé des millions de travailleurs pauvres. Comment pourrions nous prendre exemple sur un tel système?
C'est vrai que parfois, l'Allemagne exagère. Elle a le culot de défendre ses intérêts, la garce! Qu'elle paye, c'est tout ce qu'on lui demande... Qu'elle paye notre relance, à nous qui ne voulons pas faire de réformes de structures.
J'espère que mes lecteurs ne m'en voudront pas si je n'ai pas eu le courage de fêter la première année de ce gouvernement! je n'ai pas aimé Sarkozy que l'on accusait violemment de diviser les Français sur les questions d'identité et d'immigration. Mais que peut-on dire alors de ce gouvernement et de ce président de la République qui font du surplace sur le plan de la réforme économique, et qui divise le pays, le fracture même, sur de grandes questions de société.
Chaque jour me reviennent les mêmes questions sans réponse. Si l'on peut accepter de définir comme une rupture d'égalité (l'impossibilité pour les couples homo de se marier) ce qui fait depuis des centaines d'années l'approbation des Français (le mariage est la rencontre entre un homme et une femme et destiné à encadrer la filiation), si la norme fondée sur la majorité n'est plus la norme, alors nous allons entrer dans un autre monde qui va remettre en cause - au nom de l'égalité - tout ce qui nous liait.
Pourquoi le Français serait-il la langue de la République alors qu'il existe tant de langues régionales et étrangères parlées dans ce pays? Je vois là une discrimination insupportable. Pourquoi l'interdiction de la polygamie ne serait-elle pas considérée comme une discrimination? La nation elle-même est une forme politique discriminante (tout le monde n'a pas accès à la nationalité). Tout le monde n'a pas accès non plus au vote, et l'on voit déjà se répandre l'idée que le refus du vote des étrangers est discriminatoire.
Ainsi voit-on grandir l'idée que nous ne serions qu'un chaos de minorités sans parcours historique, sans destin historique et dont la patrie serait la planète terre. Bon voyage dans ce monde sans racines où tout se vaut, où des centaines de milliers d'hommes et de femmes dorénavant sans repères vont chercher des antidépresseurs chez le toubib.
Nous sommes entrés dans un monde où l'abstraction rêvée comme un Dieu (l'égalité) prétend s'opposer au réel, au biologique, à l'histoire, au nom du progrès.
Mais quel progrès?
Certains se demandent déjà si le 8 mai sur des Champs Elysées presque vides n'équivalent pas à un mauvais sondage! Un de plus.
Les affaires se succèdent à un rythme accéléré. Et l'on a la pénible sensation qu'à une affaire de gauche (Cahuzac) doit forcément succéder une affaire de droite. C'est dorénavant Claude Guéant qui se trouve sur le gril; ce qui a l'avantage, compte tenu de sa stature dans la Sarkozie, de cacher d'autres affaires de gauche, comme celle de Thomas Fabius (le fils) ou encore l'écoeurante affaire du "mur des cons", où des journalistes de gauche organisent dorénavant la chasse aux journalistes de droite...
Il faut reconnaître que c'est très fatigant ces affaires, et l'on a aucun mal à comprendre à qui elles profitent. A des gens dont on sait (même si certains aspects de leurs déclarations ne manquent pas de vérité) dont on sait d'avance qu'ils conduiront le pays dans le mur. On pourrait attendre un peu plus de discernement des partis de gouvernement. Eh bien non, ils préfèrent crever entre eux, trahir de pays en fait, plutôt que de mettre la pédale douce à leur haine réciproque.
Faire tomber Guéant serait, pour la gauche, un grand coup qui la payerait de l'incroyable affaire Cahuzac, le ministre de la lutte contre la fraude fiscale qui fraudait et qui a conduit à étaler devant les Français que huit ministres de Ayrault sont des millionnaires "ennemis de la finance". Guéant, c'était le bras armé de Sarkozy, un préfet en principe vertueux, mais qui n'avait pas hésité à endosser une vision réaliste de l'immigration. Jusqu'à se voir déverser sur la gueule des tombereaux de haine de la part de ceux qui croient sans rire "que nous sommes tous des immigrés". En faisant tomber Guéant on n'est pas loin de faire tomber Sarkozy.
L'armée française va perdre encore 20 000 hommes et l'armée de terre va payer le prix fort de la rigueur, mais rassurez-vous braves gens, ce sera moins douloureux que prévu donc on s'en sort bien. Tel était le ton, hier, dans toute la presse française, sur toutes les chaînes. Autrement dit, la machine à fabriquer des "toutous" fonctionne à plein régime. On ne s'interroge même pas sur la nécessité, aujourd'hui de conserver tout d'une panoplie nucléaire qui pèse globalement entre 10 et 20% de nos dépenses militaires et qui ne sert en rien à éteindre les incendies qui s'allument un peu partout. Personne n'imagine le président français donner l'ordre d'utiliser un missile de croisière nucléaire ASMP contre les jihadistes du Mali! C'est tellement facile de ne rien changer. Bref, le soldat est cul nu, mais il ferme sa gueule et c'est bien plus facile de supprimer des régiments que de s'attaquer au ministère de l'Agriculture, aux Sports, à l'Industrie etc etc...
Après avoir mis les patrons cul nu fiscalement, Hollande fait machine arrière - un pas en avant un pas en arrière il en a l'habitude - et il se met à flatter les patrons dans le sens du poil. Ils n'en reviennent pas, les pestiférés d'hier et il y en a même qui sont prêts à croire en la divine surprise! Moi, je m'inquiéterais. A quand la nouvelle volte-face?
Cul-nu aussi, ce pauvre Clément Weil Raynal, l'homme qui a dénoncé les turpitudes du syndicat de la magistrature. Ah s'il avait dénoncé une officine de droite on en aurait fait un héros. On reste cependant confondu par cette chasse aux sorcières au sein même d'une professsion qui m'a nourri pendant de très nombreuses années. Certes le journaliste n'est pas un homme libre, au sens qu'il est dépendant des engagements de son journal et de certaines règles déontologiques. Mais je n'aurais jamais pensé que l'on puisse en venir à des procès de type stalinien.
Mais cela a peut-être du bon. Le verrouillage de la pensée, les procès permanents qui nous sont faits au seul fait que nous regardons le monde tel qu'il est, et non pas tel que nous voudrions qu'il soit, ces procès là, ces aboiements, trouvent enfin à qui parler.
On se croirait en Union Soviétique à la plus belle époque. Oui oui, un syndicat de journalistes, le SNJ, vole au secours du Syndicat de la magistrature sous le seul prétexte que les images du "mur des cons" auraient été volées et que le SM est dès lors "l'objet d'une attaque en règle qui concerne tout le mouvement syndical." On se serre les coudes entre corporations de même tendance!
Ca fait quand même de l'effet, de voir un syndicat professionnel de journalistes de tradition plutôt modérée, qui se retourne contre un confrère pour voler au secours du système! ô Pouvoir, je t'aime, je te lèche les bottes! C'est le monde à l'envers, la négation même du journalisme, de l'indépendance d'esprit, de l'investigation. Je vous dis, c'est le retour des procès soviétiques, que dis-je, des purges, au seul motif que l'auteur des images volées ne serait pas dans le camp du pouvoir en place. Il faut le clouer au pilori, le brûler en place de grêve, pour irrespect des valeurs de gauche!
Pas question pour le SNJ de s'interroger sur le fond! Et qu'auraient dit ces aimables confrères commissaires politiques, si un journaliste de gauche avait réalisé le même coup dans une organisation de droite?
Rien bien sûr, absolument rien.
A-t-on entendu le SNJ s'insurger des enquêtes de Mediapart dans le privé de Jérome Cahuzac ou de Liliane Bettencourt?
Il est faux de dire que "voler des images dans un lieu privé est contraire à la déontoligie professionnelle", dès lors que ces images servent l'intérêt public.
J'espère que nombre de journaliste s'opposeront à cette ignoble chasse aux sorcières visant Clément Weil-Raynal (journaliste à France 3). Ce dernier a démenti, mais attention, il n'y a rien de plus féroce qu'un prétendu vertueux qui se fait prendre la main dans le sac...
Ce qui est encore plus inadmissible, c'est que cette prise de position insensée soit le fait de journalistes qui sont confrontés chaque jour aux juges et aux justiciables et qui savent donc à quel point les magistrats ont besoin de la confiance et de l'impartialité.
Enfin, voilà qui me rassure de n'avoir été (presque) jamais un journaliste syndiqué. Mais il est déjà clair que les prolongements du mur des cons vont être très mauvais pour l'image déjà très écornée des journalistes. Accusés chaque jour d'être massivement de gauche, ils viennent d'en faire la démonstration par l'une de leurs organisations les plus officielles!
Il est assez curieux de voir un gouvernement qui veut, après l'annonce des chiffres catastrophiques du chômage, que tous les efforts se concentrent sur l'emploi, qui veut que tous les Français se rassemblent, alors qu'il est lui-même à l'origine de la fragmentation et de l'exaspération de la société française.
Il est curieux de voir un président aller en Chine pour chercher des emplois (c'est ce qu'il dit) alors que sa politique de compétitivité, en France, est déjà un échec. Ni les emplois d'avenir ni les contrats de génération ne marchent.
Il est curieux de voir la gauche de la gauche condamner" l'austérité" conduite par le gouvernement alors que l'austérité n'a même pas commencé.
Il est encore plus curieux de voir un gouvernement parler de redressement, d'effort, de boîte à outils, alors que la boîte à outils est vide ou presque.
Et pendant ce temps là on apprend que Moscovici est peu présent à Bruxelles et même qu'il s'endort sur ses dossiers.
Oui, l'exaspération est puissante, inédite, multiforme.
Je me souviens d'une époque où l'on trouvait, dans presque chaque rédaction de nos grands journaux, un "bêtisier", autrement dit, un tableau où l'on affichait, légendées, les photos impubliables de nos élites locales. Bien sûr, il ne s'agissait pas spécialement de désigner des ennemis, mais de faire de l'humour et parfois de se venger en privé de tel ou telle mauvaise tête.
Mais quand des juges se livrent à un tel exercice, même dans leur local syndical, cela est très différent. Car les juges doivent dire la loi sans laisser prise à l'accusation d'activisme politique. L'affaire tombe très mal à un moment où l'on accuse un magistrat bordelais de "vouloir se payer Nicolas Sarkozy". A un moment aussi où des magistrats de renom - je pense à Philippe Bilger - tentent de nous faire croire à une justice impartiale, alors même que le syndicat de la magistrature -toujours lui - a appelé à voter contre Sarkozy.
On pourra s'étonner s'il n'y a pas de sanctions, car il n'y a pas de justice sans confiance des justiciables. On s'étonnera aussi si les magistrats peuvent continuer à se répandre dans la presse ou sur les plateaux de télévision.
Voilà encore une affaire "de gauche" qui continue à cliver, à alourdir le climat politique et la méfiance dans les institutions.
Ce n'est pas l'union de deux personnes du même sexe qui est dérangeante et encore moins la nécessité de donner un cadre juridique aux enfants qui sont là de fait. Ce qui est profondément dérangeant, c'est ce qui se cache derrière cette opération. On peut lire aujourd'hui Ouest-France que "la filiation moderne ne provient plus du sang mais du projet familial." Propos en provenance de la très catholique Espagne et alors que les mariages gays ne représentent que 1,8% des mariages. Autrement dit on tente de faire passer un fait ultra-minirotaire pour un fait en passe de devenir majoritaire.
Mais le pire c'est ce qu'impliquent de tels propos. Réfléchissez-y un instant. Vers quelle société cela nous mène-t-il?
De nos jours, il ne fait pas bon se poser des questions qui sortent de la norme imposée par quelques terroristes intellectuels. Vous vous posez des questions sur l'immigration? Vous êtes un sale raciste. Vous vous posez des questions sur l'Islam? Vous êtes un salaud d'islamophobe, un ennemi du dialogue des civilisations. Et qu'importe si le dernier attentat en date (celui de Boston) est encore le fait d'islamistes autoradicalisés! Vous vous posez des questions sur le mariage pour tous? Vous êtes un ennemi de l'égalité, donc un mauvais républicain. Vous voulez rappeler que le christianisme et l'Eglise catholique méritent des jugements un peu plus nuancés?
Sur toutes ces questions, des murs hérissés de barbelés se dressent et vous êtes renvoyé illico à l'extrême droite par une petite coterie puissante qui n'aime que ses idées et se moque du réel.
Et tout cela se déroule dans un contexte démocratique avéré, alors que le pouvoir élu n'a jamais été aussi contesté dans les sondages.
Une morale déconnectée de toute forme de transcendance, une morale qui ne trouve sa justification qu'en elle-même et surtout une morale en ligne avec "la religion civile", le socialisme. Je ne donne pas cher de cette tentative.
Aujourd'hui, en effet, une assemblée élue dans le plus strict respect de la démocratie va nous faire, par la loi, changer de monde. Une idée conceptuelle, abstraite, idéologique de la famille va se substituer à celle qui a toujours eu cours, fondée sur le réel, le biologique, la norme ultra-majoritaire. Il s'agit bien d'un acte révolutionnaire au sens où l'entendaient ceux qui voulaient créer l'homme nouveau ou une société sans classes; au sens où, nous disait Tocqueville, les révolutionnaires ont préféré changer l'humanité plutôt que de réformer la société.
C'est cette rage à tout gommer, l'histoire, la religion, le peuple en tant que réalité concrète et que sais-je encore, portée par quelques cercles d'intellectuels, c'est cette rage de l'indifférencié qui conduit les Français dans un malaise identitaire invraisemblable.
Oui, dans cette affaire du mariage pour tous, la France ne fait que suivre huit autres pays européens. Mais il ne faudrait pas en tirer pour autant des conclusions trop faciles. Ce n'est pas, chez certaines élites françaises, la compassion ni le respect pour les homosexuels qui conduit à voter aujourd'hui le mariage pour tous, mais le désir, toujours présent, de changer l'homme. je crains fort que dans cette affaire, les homoxesuels ne soient eux-mêmes les jouets de ceux qui tirent les ficelles.
Il aurait pourtant été si facile de donner satisfaction à tous, dans le respect des individus et de leurs valeurs. Mais ce sont les boute feu qui ont gagné: ceux qui, sans la moindre gêne, prétendent que l'homosexualité peut être élevée au rang de "norme" alors qu'elle est par nature minoritaire et stérile; ceux qui considèrent que les anti défendent une conception "religieuse" de la famille alors qu'il suffit de se demander si, dans un domaine fondateur de la vie, le droit peut s'éloigner à ce point de la loi naturelle. Ont gagné aussi, les boute feu du camp des anti pour qui l'homosexualité est péché, antichambre de l'enfer.
Ce gouvernement n'a pas de chance. Il se trompe sur tout.
La querelle sur le mariage pour tous prend une très mauvaise tournure et cela n'est pas étonnant. Que l'on soit en désaccord sur le fonctionnement de Pole Emploi ou sur la manière de relancer notre industrie, ce n'est que de la politique. Mais que l'on s'attaque à l'un des fondements de la société, de la vie, à des représentations qui sont fondamentales à l'existence de dizaines de millions de gens, c'est un truc à déclencher la rage. Surtout quand on est dans le déni le plus total.
C'est vrai, il n'y a pas de honte a être riche, pas plus qu'à être pauvre. Cependant, dans le contexte actuel, celui d'un Président qui n'avait cessé d'exprimer son mépris pour les riches et la finance, il y a de quoi se marrer en découvrant que 8 des ministres du gouvernement socialiste sont des millionnaires. C'est dire à quel point le discours est déconnecté de la réalité et c'est bien ce que comprendront les Français.. On chialerait presque à la douleur de Michelle Delaunay, obligée "d'avouer" qu'elle est à la tête d'une fortune de plus de 5 millions d'euros!
Bien sûr qu'on peut être riche et avoir des idées de gauche. Bien sûr que la bourgeoisie a toujours donné des cadres importants au socialisme, mais quand même il y a quelque chose qui fait désordre ici et maintenant. Le pire est sans doute que toute cette "transparence" sur le patrimoine a été organisée pour écarter les regards des responsabilités du sommet de l'Etat dans l'affaire Cahuzac et pour éviter qu'on s'interroge sur les abandons qui ont permis d'avoir, au sein du PS, successivement une affaire DSK et Cahuzac.
A chaque fois le gouvernement se plante. Car ce n'est pas tant le patrimoine des élus qui est en cause au yeux du public, mais leur train de vie, la manière dont ils vivent et dépensent l'argent qui leur est alloué avec nos impôts, la manière dont ils cumulent les tickets de présence, les divers et nombreux avantages qui se sont accumulés au fil des années. De tout cela, pas un mot, y compris à droite.
Empêtre dans l'affaire Cahuzac, déchiré en interne et dans ses soutiens du PS (dont une fraction conteste sa politique économique), le gouvernement a décidé d'accélerer sur le mariage pour tous. Il pense sans doute qu'il va éteindre l'incendie en prenant de vitesse les organisateurs de la prochaine manif. Il se pourrait bien qu'il souffle, au contraire, sur les braises au pire moment.
Je n'aurais jamais pensé, étant un libéral en matière sexuelle, que le mariage pour tous puisse autant cliver les Français. Force est pourtant de constater que ce n'est pas le respect qui est du à la minorité homo qui est en cause, mais bien les constructions intellectuelles qui sous-tendent le discours des partisans du" mariage pour tous". Ces constructions intellectuelles, fondées sur le déni de la loi naturelle dans ce qu'elle a de plus fondamental, viennent heurter de front le socle immémorial de la famille. Nous savons tous que "la norme" n'est pas homosexuelle et la passion de l'égalité n'y change rien. Cette course déchaînée à l'égalité dans le relativisme le plus absolu (tout se vaut) s'agissant de la transmission de la vie peut d'ailleurs nous conduire aux pires scénarios.
Le séisme est intime, violent, il s'agrège en colère, voire en fureur, et l'on ne sait plus jusqu'où cela va aller. François Hollande prend un bien gros rique alors qu'il se trouve dans une situation très inconfortable au regard des Français, mais aussi de ses propres électeurs et de son parti.
On ne peut pas prévoir ce que sera la prochaine manifestation, mais il est possible que de nombreux maires refuseront d'obéir à cette loi qui choque leurs convictions les plus intimes.
Jihad, un gamin, arrive à l'école avec un tee shirt sur lequel est écrit: "Jihad, né le 11 septembre" puis "je suis une bombe". Poursuivis en justice les parents sont relaxés. Oui oui, j'ai bien écrit "relaxés".
Une famille se promène dans les jardins du Luxembourg. Le père arbore le tee shirt de la manif pour tous. Il est mis en demeure par des "gardiens" de l'enlever, car cela trouble l'ordre public!!!
Les paroles restent. C'était en 2010, et Cahuzac demandait la "dissolution" alors que se répandait l'affaire Woerth. Si ce n'était dramatique, on pourrait dire que tout cela est du plus haut comique! Un comique qui tue, car, comment pourront-ils s'en remettre? (merci au lecteur qui m'a raffraîchi la mémoire)
Pourquoi sommes-nous entrés dans une phase de radicalisation, cette dernière manifestant un degré élevé d'exaspération? Parce que une partie de l'opinion a le sentiment que, quoi qu'elle dise, qu'elle fasse pour se manifester ou argumenter sur des questions absolument essentielles, elle se trouve face à des personnes qui soit refusent le débat, soit refusent de voir le réel.
Cette exaspération est d'autant plus vive que ni le gouvernement, ni le PS refusent toute forme de responsabilité collective dans l'affaire Cahuzac. Avec le plan de moralisation, les Français ont le sentiment que c'est le coupable qui fait la loi pour s'empêcher de recommencer. C'est choquant et incroyable, à tel point qu'en niant toute responsabilité, le président de la République apparaît alors comme l'homme le moins bien informé de France. Le PS ne savait pas pour DSK. Il ne savait pas Pour Cahuzac. Difficile à croire sauf à penser qu'une incroyable incompétence s'est installée en politique.
Cette exaspération prend d'autant plus de force que de nombreux Français ont le sentiment de s'être fait avoir en élisant François Hollande. Ils découvrent qu'il est bien ce que la rumeur prétendait: un second choix qui s'est imposé après l'écroulement de DSK et le rejet de Sarkozy.
La radicalisation s'alimente à la fois de la situation économique et sociale, du sentiment que les bonnes mesures ne sont pas prises pour faire régresser le chômage, et de réformes sociétales (le mariage pour tous) qui renvoie une bonne moitié de la France à ses traditions et ses croyances qu'elle juge bafouées. En ce sens, la gauche découvre que le pays n'est pas, dans ses profondeurs, aussi déchristianisé que le laisse penser la fréquentation des offices du dimanche. je serais même tenté de croire à une re-naissance de quelque chose.
La radicalisation s'observe particulièrement à propos du mariage gay et de cette tentation très française de disqualifier l'adversaire. Or, il est tout aussi ignoble de frapper quelqu'un en raison de son orientation sexuelle supposée que de répandre partout que les opposants au mariage gay sont tous des fachos. On n'arrivera à rien avec ces méthodes de voyous.
Vous avez vu cette rage soudaine de "transparence"? Tous sont atteints comme s'il s'agissait de sauver ce qui peut encore l'être. Mais attention, la transparence est facilement totalitaire et elle peut nous conduire au pire sans pour autant régler le problème de l'honnêteté, qui est une affaire personnelle. Elle peut nous conduire à des blocages terribles qui auront pour effet de remettre définitivement nos assemblées dans les mains des seuls fonctionnaires.
Quel étrange moment nous vivons. Un homme"normal" nous proposait la République exemplaire de la gauche morale et il ne faut pas plus de onze mois pour nous découvrions les pires turpitudes succédant à l'affaire Strauss-Kahn que tous, d'ailleurs, de gauche ou de droite, évitent d'aborder. Il nous a promis un choc de compétitivité (on l'attend toujours sachant que le crédit d'impôt tant vanté fonctionne mal), un choc de simplification (on voit en Alsace ce qui s'est passé), et maintenant un choc de transparence.
S'il est vrai que toute la classe politique est concernée par les affaires, nul ne peut nier que les affaires en cours concernent le pouvoir en place. Or toute la communication gouvernementale fonctionne comme si cela n'était pas le cas. Comme s'il s'agissait de diluer la responsabilité. C'est bien ce que ressentent les Français: un parti qui refuse de regarder en face ce qui, en son sein, à pu conduire à de telles dérives, comme si le désordre moral ne pouvait pas concerner un parti détenteur d'une religion civile.
Il y a dans le PS, cet espèce de déni de réalité qu'il reprochait tant à l'Eglise empêtrée dans ses affaires sexuelles.
Ce qui me paraît le plus outrageant, ce n'est pas tant le patrimoine (dont nous avons souvent hérité), mais plutôt un train de vie pour les élus qui paraît souvent scandaleux au citoyen ordinaire, puisque prélevé sur les deniers publics. Qu'un élu dispose d'un salaire confortable, c'est plutôt une bonne chose qui met à l'abri des tentations. Mais les multiples avantages que se sont octroyés nos représentants au fil des années, sans oublier les trésors de guerre des Assemblées) ne sont plus admissibles. Or, vous aurez remarqué qu'il n'est nullement questionde cela dans la nouvelle course à la vertu qui vient de s'engager.
Les Alsaciens ont dit "non" à la fusion de leurs collectivbités territoriales en une seule. Ils ont donc dit "non" à un des plus gros gisements d'économies que l'on puisse trouver. Ils ont donc dit "non" au désendettement de la France. Preuve que les électeurs sont aussi "c..." que ceux qu'ils élisent et que le mal français est profond.
Bien sûr on dira que les questions institutionnelles n'intéressent pas l'électeur, qu'il n'y comprend pas grand chose et qu'il écoute avec méfiance une classe politique qu'il juge corrompue. Qu'il se méfie aussi d'une restructuration "publique" qu'il compare avec les restructurations dans le privé et leur cortège de chômeurs.
On notera avec amertume que des socialistes et des gens de gauche en général ont voté contre au nom d'intérêts purement locaux (il s'agit de conserver son écharpe), qu'ils s'opposent ainsi au choc de simplification et au désendettement prônés par leur gouvernement. C'est dire à quel point le bordel est immmense et l'autorité bafouée. Et bien sûr, on voit la ministre (bretonne) chargée de la décentralisation, arguer de cet échec pour justifier une réforme sans envergure du millefeuille.
C'est ce qu'on appelle le courage politique.
Si le personnel politique ne s'appuie pas sur la lamentable affaire Cahuzac pour faire son métier, autrement dit réformer la France au profit de ceux qui les ont élus et non à leur propre profit, nous risquons d'aller vers de très graves problèmes.
Nombreux sont ceux qui auront remarqué combien la seconde manifestation antimariage gay avait pris une autre couleur politique. On peut donc parier que celle annoncée pour le 26 mai sera très chaude si le pouvoir continue de faire du sur-place.
Que toute la classe politique soit concernée par l'affaissement de la morale, je ne le nie pas. Mais il n'est pas possible d'entendre, côté PS, toujours le même discours. "Nous ne savions pas". Cela fut vrai pour DSK, cela est encore vrai pour Cahuzac.
Venant d'un parti qui s'est toujours concu comme autorité morale, voire "religion civile" c'est absolument insensé.
Réformer, cela ne veut pas dire seulement aborder quelques questions jugées politiquement correctes. Cela concerne tous les aspects de la mondialisation, aussi bien les aspects économiques que les aspects sociétaux, migratoires, religieux. Il n'y a pas de raison, aux XXIe siècle, à ce que le débat soit confisqué soit par des politiques sans le moindre courage, ou par des "experts" qui prétendent au savoir "exclusif" et qui se définissent de fait contre le peuple, contre le citoyen d'emblée qualifié de "populiste.
La politique à priori c'est simple: cela consiste à créer un écosystème qui permet à chacun d'avoir un travail, d'élever ses enfants, de les éduquer. Cela consiste aussi à maintenir dans la société un certain degré de cohésion en tenant compte des fondamentaux historiques et culturels de cette société. En affirmant clairement que ceux qui nous rejoignent doivent adhérer à nos valeurs.
On en est loin.
Et si la bataille contre le mariage gay, entamée depuis un long moment, en venait à cristalliser touts les mécontentements? On peut très bien imaginer le président de la République se mordant les doigts d'avoir ouvert ce front là, alors qu'il est blessé au coeur par le scandale Cahuzac et que sa politique de compétitivité semble avoir du retard à l'allumage.
Et d'ailleurs, on ne peut s'empêcher de chercher à comprendre ce que cache réellement cette bataille pour le mariage homosexuel. Pourquoi un parti qui a si longtemps considéré le mariage comme une institution bourgeoise à supprimer, veut-il à tout prix, aujourd'hui créer un mariage pour les couples homosexuels? Pourquoi les Verts, notamment, si épris de nature lorsqu'il s'agit des petits oiseaux, rejettent-ils la loi naturelle lorsqu'il s'agit de l'humanité? Voilà deux contradictions qui en disent long sur le projet sous-jacent. Un projet qui vise à en finir avec une institution considérée comme la marque infamante du patriarcat, mais à en finir aussi avec la loi biologique fondamentale.
Tout l'occident est entraîné dans cette voie, au nom de cette égalité qui est au coeur de son message depuis des centaines d'années. On voit bien que, dans cette affaire, la petite minorité homo ne pèse pas bien lourd et qu'elle est, elle aussi, d'une certaine manière, utilisée, manipulée.
Accessoirement se dessine un autre problème en France: il semble que de très nombreux maires sont opposés au mariage gay et que, dans plus de 2000 mairies, on ne trouvera personne pour les célébrer.
La gauche française se conçoit dans un ordre moral concurrent de celui de l'Eglise catholique, qu'elle a toujours combattu, mais dont elle est en partie l'héritière, sans soutanes, sans messes et sans transcendance. Jamais autant que sous Sarkozy (avec raison parfois) la morale a été invoquée par l'opposition d'alors et, en tête du cortège, on trouvait le puncheur Cahuzac, hautain, cassant, ironique, celui dont on sait aujourd'hui qu'il fustigeait la fraude fiscale tout en détenant pour son propre compte un compte en Suisse.
Sous cet angle il est évident que ce que l'on appelle communément "la gauche morale", celle qui a essaimé en politique mais aussi dans une multitude d'associations financées avec de l'argent public, a du plomb dans l'aile. Et ce, d'autant plus que l'on apprend que le directeur financier de la campagne de Hollande (énarque comme lui) détenait pour son propre compte des sociétés offshore. Cela n'est pas interdit, c'est même légal jusqu'à un certain point, mais ce n'est tout simplement pas admissible dans un contexte de campagne qui condamnait les faiseurs d'argent et leurs amis, qui prônait le République exemplaire. Il semble même que tous les verrous moraux aient sauté dans un petit territoire où tout le monde se connaît. La morale personnelle s'est échouée dans les marais de la mondialisation. La gauche française, parti des classes en cols blancs nous montre à quel point elle n'est plus le parti des pauvres. Et voilà que se repose la bonne vieille question: que vaut réellement une morale qui n'est pas fondée sur une transcendance?
Voilà ce que donne un Etat fondé sur la Vertu, où une petite élite censée diriger le peuple prétend détenir à elle seule l'intérêt général. Voilà ce que donne un Etat où le citoyen est élevé au pinacle, mais sans cesse empêché d'exercer réellement sa citoyenneté. Qui empêchera l'homme ordinaire, celui qui paye et obéit, de dire, demain matin, que l'Ena est un système mafieux et qu'il faut renverser la table? Qui empêche aujourd'hui réforme sinon le politique lui-même?
Il n'y a pas si longtemps, la classe politique française ne supportait pas que l'on puisse mettre l'équité avant l'égalité. L'égalité, cet horizon inatteignable des Français depuis plus de 800 ans, est devenue une religion civile qui nous conduit à en mettre partout, même là où la "différence" pose des questions évidentes.
La gauche française est particulièrement en adoration devant la forme la plus aigue de l'égalité, l'égalitarisme. Et pourtant, c'est de la gauche que vient ce recours à l'équité dans les allocations familiales. Comme quoi il ne faut jamais dire fontaine...
L'idée de distribuer les allocations familiales en fonction des revenus est juste, mais elle recèle aussi de nombreux pièges. Quand on a mis le doigt dans la confiture... Pourquoi ne pas appliquer l'équité dans de nombreux autres domaines de manière à faire fondre la dépense publique? Pourquoi ne pas revenir à la notion plus libérale de "responsabilité personnelle" plutôt que de maintenir cette notion couteuse "d'Etat protecteur?"
Autre question gênante sous un angle différent: nous appartenons à une communauté nationale. Nous lui faisons allégeance parce qu'elle nous protège. Un de ces jours peut-être, certains Français seront fondés à ne plus reconnaître leur allégeance à un Etat qui les considère moins que d'autres.
Des menteurs, on en croise partout. Nous sommes tous des menteurs. Et pourtant, celui-là est emporté par un tsunami qui pourrait bien avoir des conséquences incalculables aussi bien sur la droite que sur la gauche. Les images sont terribles: on y voit le flamboyant ministre du Budget - celui qui est censé lutter contre la fraude fiscale, celui qui met en musique la politique d'austérité qui frappe les "petits" français - on y voit donc Cahuzac jurer devant les députés qu'il n'a rien fait de mal, qu'il n'a pas de comptes à l'étranger, qu'il est victime d'une cabale.
Quand on est gonflé à ce point, le Français moyen, auquel on demande beaucoup de vertus par les temps qui courent, est en droit de se demander "s'ils ne se ressemblent pas tous."
Voilà comment la République exemplaire de Hollande, tant assénée pendant la campagne présidentielle (par opposition à Sarkozy pourri), voilà comment la gauche morale, ces bigots laïcs qui prétendent gouverner les consciences, se retrouvent au fond de la poubelle et ouvrent un véritable boulevard aux extrêmes.
Je ne sais plus quel expert en sciences politiques disait que la France est incapable de s'élever au niveau des valeurs qu'elle a choisies et que, de ce fait, ses politiciens sont constamment obligés de tricher, de truquer, et surtout de tenir des discours qui sont toujours en décalage avec le réel. Voilà ce qui nous arrive avec l'affaire Cahuzac: les politiques sont à poil, face à leurs turpitudes, à leurs petites combines. Petites combines lourdement favorisées par le chaudron parisien et par une bien trop grande concentration des pouvoirs.
Maintenant, Hollande va devoir expliquer aux Français pourquoi ils devraient avaler les couleuvres de la réforme alors qu'une petite minorité se goberge. Il va devoir imposer des réformes importantes dans un climat délétère ou tout simplement y renoncer. Il va devoir prendre des décisions alors que, de fait, sa majorité n'existe plus, comme l'ont montré les dernières élections partielles. La Hollandie est légitime, mais elle m'existe plus de fait.
Et tout cela s'est produit en quelques mois de mandat. L'affaire Cahuzac est le pire qui pouvait arriver à un homme élu par défaut. maintenant, les extrêmes vont s'en donner à coeur joie. Il suffisait, hier, de voir la tête de ce pauvre Jean-Marc Ayrault pour comprendre que nous sommes entrés dans une zone extrêmement délicate.
Le plus frappant, c'est le retour de flamme de la vérité dans une époque où la police de la pensée interdit de débattre de tous les sujets qui inquiètent les Français. Ce qui vient de se passer pourrait bien libérer la parole puisqu'un mur vient de tomber. Mais nous entrons dans l'inconnu...
Quant au monsieur propre par qui toute l'affaire été révélée, on comprend qu'il se frotte les mains. Mais quels sont les objectifs réels de ce nouveau Saint-Just?
Menacer des magistrats est inadmissible quelles que soient les circonstances. Cela étant dit, les magistrats feraient bien de faire leur propre examen de conscience et feraient bien de songer aux sentiments des Français (pas les élites auxquelles ils s'adressent) lorsqu'ils affichent en permanence leur position politique, lorsqu'ils s'affichent dans des débats télévisés, lorsqu'ils appellent à voter contre tel ou tel.
Rien n'excuse une atteinte à la magistrature, mais la magistrature ferait bien de s'interroger sur son devoir de réserve. Le magistrat applique la loi, ce qui n'est, certes pas facile. Lorsque la loi ne lui plaît pas, alors il a le devoir de changer de métier ou de se faire législateur. Ainsi il n'y aura plus d'ambiguités.
Après "Tonton" il y eut "Pépère". La gauche française, qui affecte de ne pas aimer la famille traditionnelle, se voit donc affublée des mots les plus tradi de la famille française. C'est que l'on ne change pas un monde comme on veut, sur un claquement de doigts, j'allais dire sur un claquement de loi. On ne change pas une situation dramatique non plus en se livrant à des incantations destinées uniquement à rassurer.
Prenez la prestation d'hier soir à la télé. Si on la regarde distraitement en mangeant des cacahuettes et en sirotant un whisky, on a vite le sentiment que François Hollande s'occupe des Français, qu'il aborde tous les sujets avec subtilité et même avec une certaine légèreté. Et puis, subitement on se réveille et on découvre qu'il n'a pas grand chose à dire, que sa boite est remplie de vieux outils et surtout d'outils en carton pâte. On ne va pas refaire la liste, mais il est clair que son plan compétitivité, notamment n'est pas à la hauteur de la situation et que l'on ne sait toujours pas grand chose sur les économie (essentielles) qui devront être faites. Il a été à la limite du mensonge sur la réforme du millefeuille qui pourrait pourtant générer des milliards d'économies. Et ce n'est pas l'assurance que les impôts n'augmenteront plus qui changera quoi que ce soit. Le Président mécontente donc de tous côtés, aussi bien à sa gauche qu'à sa droite.
Il faut dire que le locataire de l'Elysée n'est pas le seul à refuser de voir le réel. Il suffit d'observer certains économistes très en vogue pour comprendre à quel point certaines personnalités sont plus intéressées par leur démonstration que par l'économie réelle. On a même parfois le sentiment en les écoutant que les entreprises n'existent que virtuellement, qu'elles ne sont pas confrontées à de gros problèmes en partie nés de l'hypertrophie de l'Etat. On appelle cela la technocratie.
François Hollande est, de fait un parfait petit technocrate à genoux devant l'appareil d'Etat et qui l'utilise comme une boîte de jeux, sans jamais réellement s'interroger sur ce qui foire dans ce système mis en place à une autre époque. Ou alors, il a décidé "qu'on y touchera pas" parce que la fonction publique est au coeur de l'électorat PS.
Et pourtant, le monde est bouleversé et il n'est plus du tout certain que la modernité revendiquée par la gauche française ne soit pas devenue un conservatisme mortifère. Et ce n'est pas le fait de s'inscrire dans des réformes sociétales qui divisent la France qui invalideront cette analyse. Si l'on élargit un peu la réflexion, le mariage homo n'est ni de gauche ni de droite. En GB, il vient d'être voté par des conservateurs. C'est tout le monde occidental qui est pris par ce vertige de l'égalité.
N'est pas réformateur qui veut, surtout si le prince louvoie en permanence et ne se fait que l'arbitre des intérêts de caste.
Un député PS qui accuse François Hollande de se comporter comme un conseiller général. Un ministre qui accuse Ayrault de gérer la France comme la mairie de Nantes. Des formules qui, chaque jour détruisent un peu plus l'image du président de la République et de ses proches. Voilà maintenant qu'on l'appelle "pépère" après "fraise des bois", après "Normal 1er" etc...
Dans ce contexte de rage sociale (de gauche), de rage sociétale (de droite), de rage antieuropéenne (milieux populaires plutôt de gauche), de rage contre une immigration non maîtrisée, le Front national est en train d'agréger ce qui à gauche et à droite, déplaît dans la politique gouvernementale.
Celui qui voulait rassembler les Français, ne fait que les jeter dans les bras d'un parti qui tient à la fois un discours antieuropéen, un discours économique et social proche d'une gauche tradi, et un discours sur l'immigration et l'islam que l'on connaît.
Peut-on dire qu'un pays va bien lorsque:
-Son ancien Président est poursuivu pour abus de faiblesse à l'encontre d'une vieille dame?
-Quand le juge du président produit et signe des papiers dans un journal pour condamner la politique du dit président?
-Quand un syndicat de magistrats (qu'on pourrait légitimement espérer neutres), appelle à voter contre Sarkozy?
-Peut-on dire qu'un pays va bien quand des gens d'extrême gauche qualifient un ministre de gauche de salopard avec des accents antisémites? Et quand cette gauche extrême, mussolinienne prétend, seule, détenir la vertu tout en vomissant sur ses semblables de l'extrême droite?
-Lorsqu'un candidat UMP manque de peu de se faire étaler par une candidate FN dans une élection partielle, alors même que le PS a été éliminé au premier tour?
-Peut-on dire qu'un pays va bien lorsque le pouvoir en place manipule un chiffre de manifestants à des niveaux qui rappellent les pires régimes du passé?
-Un pays va-t-il bien quand un gouvernement prétend avoir engagé des réformes qu'il ne fait pas?
-Quand les minorités, quelles qu'elles soient, font force de loi?
-Quant notre juridiction suprême donne raison à ceux qui veulent en découdre avec la France, son histoire, ses valeurs?
-Quant de jeunes soldats se font tuer au Mli pour en finir avec un obscurantisme que nous promotionnons en France au nom des droits de l'homme?
Le voilà bien le gouvernement de gauche. Elu grâce à des voix islamiques qui détestent le progressisme de gauche, en vertu d'une alliance de circonstance contre nature; pris en sandwich à sa droite par un refus catégorique de ses réformes sociétales (les manifestations l'ont montré) et de son matraquage fiscal; à sa gauche par des radicaux qui rêvent encore du grand soir et veulent sa peau, Hollande est dans une sale passe.
A force de veulerie, a force de refuser de dire la vérité et de prendre à bras le corps les questions posées par la mondialisation et ce que disent les Français, nous prenons le chemin de l'accident majeur.
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