LE DEBLOG'NOTES - 32841

Ce qui ne va pas...

Oui, quelque chose ne va pas dans la vieille France. Ce n'est pas nouveau, mais le problème atteint des niveaux préoccupants.

Ainsi voit-on aujourd'hui ceux qui n'ont rien fait pour les classes moyennes, rien fait pour sauver notre industrie, rien fait pour réorganiser des flux migratoires qui créent une insécurité culturelle, ceux qui ont nourri la montée du Front national, ainsi voit-on aujourd'hui, les nantis stigmatiser ceux qui souffrent parce qu'ils choisissent Marine Le Pen.

Ce front renversé a quelque chose d'absolument dramatique car il laisse entendre sur toutes les chaînes de télé que ceux qui n'ont pas de diplômes, les perdants de la mondialisation, ne sont que des crétins. Il y a là quelque chose de moralement répréhensible, même si le FN n'est pas la bonne solution. Ce que j'observe, c'est un peu le retour du mépris de l'aristocratie pour ces abrutis de la périphérie. Moi, je dis attention, la colère pourrait monter et causer des dégâts irrémédiables.

Quel étrange pays où l'on voit des journalistes parisiens découvrir la France périphérique en prétendant qu'avant eux, nul ne l'avait décrite? Ignorant que la France est couverte d'un certain nombre de quotidiens régionaux tous plus puissants que leurs propres journaux. Autrement dit, pour la classe médiatique parisienne, ce qu'elle n'a pas vu n'existe pas. C'est dire à quel point certains esprits sont frappés de cécité et de mépris dans un pays qui se prétend pourtant celui de l'égalité.

Le Front national n'est pas la solution. Au-delà de ses positions sur l'immigration (que beaucoup de Français qui ne votent pas pour lui partagent) et son histoire sulfureuse, le FN propose un hyper jacobinisme totalement dépassé dans le monde d'aujourd'hui et qui ne marchera pas. Sans oublier que sortir de l'Europe, c'est plonger sans bouteilles!

On nous dit que nos dirigeants sont très intelligents. Comment se peut-il alors qu'ils n'aient pas découvert que la seule gouvernance qui marche bien est la gouvernance municipale et qu'ils n'en n'aient pas tiré les conclusions?

Le pouvoir mes amis! Le pouvoir, rien que le pouvoir au sommet au nom de l'égalité des citoyens. Rien ne fut plus beau sur le papier qu'une telle formule, mais d'une certaine manière rien ne fut plus aliénant pour les citoyens.

Après le premier tour

Lorsque, comme cela est mon cas, la réconciliation franco-allemande a construit votre jeunesse, lorsque l'histoire de votre famille est traversée par cette espérance européenne, vous ne pouvez pas vous défiler, vous ne pouvez pas voter pour Marine Le Pen au second tour. ce sera donc Emmanuel Macron qui aura ma voix puisqu'il est jeune et qu'il est européen. Suis-je satisfait pour autant? Certainement pas. Nous allons confier le sort de notre pays à un homme qui est un multiculturaliste assumé, un homme qui a déclaré que la culture française n'existait pas, à un ex-banquier pour qui, depuis longtemps, la Nation est une vieille lune. Comme beaucoup de libéraux sans complexes, pour lui les hommes doivent circuler au même titre que les marchandises, quitte à remettre en cause 1000 ans de civilisation.

Emmanuel Macron appartient à cette élite mondialisée qui gagne à tous les coups et qui n'a plus besoin de frontières. En lui donnant ma voix je lui confie l'autre part de moi-même qui a été élevée, éduquée par de petites gens. Il lui reviendra de redonner de l'espoir aux classes moyennes abandonnées depuis longtemps par les élites politiques. Sera-t-il à la hauteur? Espérons-le, mais rien n'est sûr. Je crains malheureusement que, bien que né à Amiens, une ville populaire, Macron ne sache plus grand chose du petit peuple. Le plus étonnant est d'ailleurs qu'il soit suivi et supporté par des centristes qui, eux, connaissent bien la problématique de la France périphérique.

C'est donc un pari risqué auquel nous sommes tous conviés...

Rien ne sera simple pour le jeune président pour peu qu'il ait une majorité à l'Assemblée, ce qui n'est pas joué. Pourra-t-il ouvrir en grand les frontières aux migrants dans un pays qui aura donné 40% de ses voix à Marine Le Pen et qui est très impacté par l'insécurité culturelle (fruit d'une immigration incontrôlée) et le terrorisme? Dans une telle hypothèse, le jeune Emmanuel ne fera, comme ses prédécesseurs, que nourrir l'extrême droite. Laquelle n'aura qu'à attendre cinq ans de plus....

Salut c'est moi!

S'il y en a un qui peine à rester dans la course à la présidentielle, c'est bien moi et vous savez pourquoi!

Je me demandais néanmoins tout à l'heure pourquoi je donnerais ma voix à un homme qui prétend que la France n'existe pas, autrement dit à Emmanuel Macron. S'il n'y a pas de culture française comme il le prétend, il n'y a pas de France. Alors pourquoi se présente-t-il à la présidentielle, ce jeune banquier aux dents aiguisées? Pour dissoudre la France dans la mondialisation? On est d'autant moins rassurés lorsqu'on entend Bayrou, son soutien majeur, se renier en prétendant lui aussi qu'il n'existe pas de culture française. Nous voilà bien si les agrégés de lettre se mettent à tenir un tel discours.

J'essaye de comprendre ce que tout cela signifie bien entendu. Faudrait-il donc renier ses racines, son pays, sa langue pour être Européen? Curieux! je me sens très européen et toutefois très ancré dans mon Hexagone. Allez, vous avez compris. Pour devenir un citoyen du monde sans frontières (donc sans protection pour ceux qui ont besoin de se protéger de l'arbitraire), il faut conduire notre histoire au cimetière. Et je trouve qu'Emmanuel Macron fait un très bon ordonnateur d'enterrement. Je le vois très bien en soutane en train de bénir le cercueil de cette pauvre France.

Cela dit, c'est peut être le monde que veulent nos jeunes gens, plus habitués que nous au multiculturel, que l'on a beaucoup décervelés sur le plan historique, qui n'ont plus qu'une vague idée de ce qu'est la nation. Emmanuel Macron est un malin. Il ne dit pas grand chose en réalité, s'exprime comme télévangéliste, la main sur le cœur en se présentant comme une sorte de spiritualiste débarqué en politique.

Le problème c'est que la politique, la vraie, n'a rien à voir avec tout ça. loin de se situer au niveau de la morale elle cherche toujours a faire le moins mal possible au profit des citoyens, tout en évitant le pire... La politique n'est pas un idéal. C'est toujours une synthèse imparfaite et même parfois un mal pour un bien.

Mais il est clair que nous vivons la fin d'un monde. Le christianisme a nourri la pensée laïque des Lumières de son universalisme et nous n'avons plus d'autre choix que d'accueillir en notre société née de l'Histoire, toute l'Humanité... Remarquez que c'est beaucoup demander et c'est ce qui effraye les vieux Gaulois!  Qui aurait cru que d'aussi belles valeurs auraient été pain bénit pour les banquiers et les affairistes en tous genres, prêts à renier leur patrie pour gagner toujours plus...

 

  

L'homme d'Etat...

Les "affaires" qui ne cessent d'émailler la campagne présidentielle nous obligent à nous demander ce qu'est un homme (ou une  femme) d'Etat et s'il en existe encore. On nous assène souvent que le cursus universitaire exceptionnel fait l'homme d'Etat. Or, le cursus académique n'indique nullement la valeur au commandement, la résistance à l'argent, la capacité à définir l'intérêt général. Autrement dit, on peut être un brillant sujet de l'université ou de nos grandes écoles et n'être qu'un "petit monsieur". Comme disait de Gaulle, l'important ce n'est pas de sortir de l'X mais de sortir de l'ordinaire!

Cependant, comme François Fillon, ne pas avoir réalisé un parcours universitaire hors normes ( à l'inverse de Alain Juppé) ne fait pas pour autant l'homme d'Etat. On peut donc avoir des diplômes ordinaires et n'être aussi qu'un type ordinaire. Ce qui tue Fillon, c'est qu'il nous donne de lui l'image d'un petit bourgeois qui a succombé au luxe et aux cadeaux alors qu'il prétend vouloir réformer la France en profondeur, et, pour ce faire, demander des sacrifices aux Français. Quelle que soit l'affection qu'on lui porte, l'homme d'Etat Fillon n'est qu'un petit bourgeois.

Emmanuel Macron, c'est l'inverse. Produit de l'excellence universitaire, rien ne dit pourtant que l'argent ne l'intéresse pas. D'ailleurs il en a beaucoup gagné dans la banque d'affaires. Les Français devraient se méfier d'un homme qui a participé à ce système financier qui a conduit à la crise de 2008, qui se prétend pourtant le représentant des classes moyennes et qui ne cache pas, en bon mondialiste multiculturaliste, son envie pressante d'ouvrir en grand les frontières de la France. Que des quartiers entiers issus de l'immigration soient en échec ne l'intéresse pas.

L'homme d'Etat est donc une denrée rare qui ne se laisse pas enfermer dans une définition précise.

Il est donc très difficile dans cette campagne, de trouver un homme d'Etat qui ait la stature et au cœur de son projet l'intérêt des Français. Ces derniers voteront donc par défaut. Sachant que des apprentis sorciers ont sans doute ouvert la route de tous les dangers... François Fillon aurait du se retirer. Son ego le lui a interdit. Il sera battu et l'on peut tout craindre de la revanche de son électorat. Un Fillon propre sur lui aurait servi de rampart au pire. Rien dorénavant n'est plus certain...

Moi je?

François Fillon, professionnel de la politique à l'ancienne, est-il un vilain petit égoïste qui préfère sa petite personne à l'intérêt général de la droite et du centre? Ou bien est-il une victime du système, seul détenteur des recettes qui permettront au pays de se moderniser?

Fillon est mis en examen, mais cela ne veut nullement dire qu'il est coupable. Et cependant, cette mise en examen alourdit la faute morale dont on l'accuse à minima et rend sa victoire plus qu'improbable.

Vous aurez sans doute remarqué que, après avoir focalisé sur la banlieue, si pleine de diversité, journaux et télévisions s'intéressent de très près aux petits Blancs de la France périphérique, les perdants de la mondialisation, comme si c'était eux "la minorité". Si j'étais à leur place je serais en colère.

Pendant ce temps là, les Pays-Bas votent quelques jours avant la France et donneront sans doute beaucoup de voix au populiste Gerd Wilders, celui qui vent interdire l'islam, le Coran et quitter l'Union européenne. Ce qui autorise Ouest-France à interroger Jean-Louis Bianco, dont les opinions sur la laïcité sont pour le moins contestées. Un quart de page qui évite toutes les questions qui fâchent. Au royaume des aveugles....

 

Campagne

Il n'est pas aisé, dans l'incroyable chaos de la campagne, de trouver son chemin et le sens de tout cela. On peut penser par exemple, que c'est la fin du clivage gauche droite, remplacé, comme disent certains, par le clivage "fermeture-ouverture", ou encore "mondialistes contre patriotes". Il y a des raisons de le penser en observant la course en tête de Marine Le pen, l'étourdissante émergence d'Emmanuel Macron et la défaite annoncée des deux anciens partis de gouvernement, socialistes et droite républicaine.

On peut penser aussi, en observant les scandales (organisés ou non) qui ont entouré l'affaire Fillon, que nous sommes toujours dans la vieille lutte haineuse entre les républicains rationalistes et la vieille France catholique, que l'on qualifie de réactionnaire parce qu'elle s'accroche à des valeurs comme la famille traditionnelle et la Nation.

On peut penser également, en observant le coup de balai des électeurs lors des primaires et leur attitude face aux avantages que se consentent les élus de la République, que la France est peut-être en train de sortir, enfin, de cette République monarchique toujours condamnée mais jamais répudiée. Tant il est vrai qu'il n'existe aucun autre pays moderne qui adore l'égalité comme le veau d'or, mais où chacun fait tout pour se tailler des prébendes et des avantages. Oui, il est possible que la France soit en train de prendre le chemin des démocraties d'Europe du Nord, où chaque citoyen peut consulter la dernière note de frais des ministre...

Bien sûr, je rigole. La France sera encore la France telle qu'on la connaît pour un bon moment.  En fait, le président monarque n'aura été respecté qu'avec le fondateur de la Ve République, je veux dire Charles de Gaulle. Lui que certains républicains soupçonnaient de vouloir établir une dictature (!), n'oubliait jamais de payer ses factures à la République, y compris le gaz et l'électricité.. Les soi-disant grands Républicains qui le soupçonnaient furent aussi ceux qui furent tentés par les diamants de Bokassa ou financèrent l'éducation de Mazarine aux frais du contribuable. N'oubliez jamais que ceux qui vous arrosent constamment de discours sur la vertu sont souvent les moins vertueux.

La République française, qui s'est construite en partie contre l'Eglise, est d'ailleurs une religion de substitution, sans Dieu, qui vous assène en permanence des valeurs inatteignables et qui confond aujourd'hui la morale et la politique. S'il faut de la morale en politique, la politique n'est pas la morale. Le pacte républicain est essentiel à nos vies et au vivre ensemble (comme on dit aujourd'hui), mais, dans sa grande universalité abstraite, il ne doit pas oublier que les peuples existent, qu'ils ont une histoire et que les ignorer peut devenir extrêmement dangereux. C'est ainsi que l'on voit resurgir sous diverses formes et en différents lieux, la notion de préférence nationale. Il ne faut pas s'en étonner car nous ne vivons pas dans un monde parfait et les idées pures ne sauraient constituer une politique.

Je viens de passer une dizaine de jours parmi ceux qui vivent aujourd'hui dans cette France que l'on appelle périphérique. de petites gens avec de petits salaires ou de petites retraites, tous Français "historiques". Je peux vous assurer que pour ceux là, la morale publique consisterait d'abord à s'occuper de cette France ancienne qui souffre et un peu moins de la question des migrants. je n'en n'ai pas rencontré un qui ne se dise choqué par l'argent qui est dépensé au nom de la solidarité envers l'Humanité... C'est difficile à entendre, mais c'est la vérité.

Ainsi donc s'opposent dans cette élection, mais aussi dans la rue, au bureau, deux France. La première est agenouillée devant la mondialisation, source selon elle de toute richesse à venir. Cette France là déteste la famille traditionnelle, se méfie du roman national, trouve que la Nation est une vieille lune. Tout ce qui n'est pas avec elle se trouve dans le camp du populisme.  La seconde voudrait être protégée. Elle croit que nous venons de quelque part, que le passé mérite de ne pas être insulté, qu'il est constitutif de l'avenir et que, dans le mystère (et l'angoisse) absolu (e) de notre présence au monde, savoir d'où nous venons constitue un phare, une douceur.

A ceux qui m'écrivent pour me demander de continuer ce modeste travail, je dis merci. Cependant, à l'observation de la campagne, au grippage des institutions, une grande fatigue m'a pris. Ma tendresse pour la France me rend malade de ce que je vois. Un pays fracturé, souvent haineux, où les fractures de la révolution n'ont toujours pas été digérées, où ceux qui parlent ne se respectent pas, préférant diaboliser plutôt que de comprendre. J'aime cependant ce pays extraordinaire qui, comme me disait il y a quelques années un historien américain, a connu les plus hauts sommets et les gouffres les plus amers, tout en demeurant une puissance qui compte; je suis Français, j'aime l'Europe qui m'a formé: l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Espagne. Nous formons ensemble une grande civilisation multiculturelle. Celle qui a donné à l'humanité l'essentiel de son patrimoine.  je suis convaincu que la place de la France est dans cet ensemble là. La planète telle qu'elle  est devenue nous y oblige.

L'Europe devrait pacifier la mondialisation, protéger ses ressortissants, organiser les flux à ses portes. Mais elle est aujourd'hui, dans des mains indignes.

Foot...

Et si l'on disait que les salaires énormes de certains footeux sont (aussi) des abus de biens  sociaux?

Bayrou...

Bayrou a dit pis que pendre d'Emmanuel Macron: l'homme des forces de l'argent, l'homme de la confiscation de la démocratie par les forces de l'économie. Mais Saint François a décidé qu'il était le meilleur pour combattre les forces du mal. De n'importe quel autre on dirait qu'il a retourné sa veste. Sauf de lui.

Qui fera la synthèse?

Aucune personne n'est aujourd'hui capable de faire la synthèse entre les aspirations des peuples et les délires idéologiques d'un certain nombre de gens.

D''un côté, beaucoup de gens honnêtes; qui croient au juste milieu, ne veulent ni trop se refermer, ni trop s'ouvrir pour des raisons évidentes.

De l'autre, tous bords confondus, des adorateurs de la race, du religieux, de concepts vagues comme l'humanité. Des gens qui veulent soit en découdre avec la nation pour l'abattre, soit qui veulent en venir à des Etats ethniques fermés comme des huitres.

Il me semble qu'entre les deux il y a place pour une discussion sensée. Eh bien non. Il n'existe plus que deux camps dont les caricatures sont Trump et Trudeau, l'un démagogue de la fermeture, l'autre démagogue du multiculturalisme. Entre les deux il y a les braves gens qui ne détestent personne à priori, mais veulent vivre en paix dans le respect de leur identité profonde...

Et cependant, un seul camp, celui du mondialisme, revendique détenir les valeurs positives. Tous les autres ne sont que des suppôts de l'extrême droite. Comment voulez-vous que l'on avance dans un tel contexte?

C'était hier.... juste hier

Hier, un jeune du Quebec, manifestement "de souche", a tiré sur des fidèles musulmans dans une mosquée, faisant six morts et plusieurs blessés. Au pays du multiculturalisme, cet attentat laisse la population tétanisée et, si j'ai bien compris, l'on commence à accuser tous ceux qui, sur place, interrogent l'immigration et voudraient renforcer la laïcité. Que se lèvent, face à l'islam, dans un pays riche et policé, des loups solitaires (ou non) prêts à utiliser les mêmes méthodes atroces que les "guerriers" de l'Etat islamique, un jihad à l'envers, n'est pas bon signe.

J'ai lu les grands journaux québecois - La Presse, Le Devoir - et j'y retrouve les mêmes éléments de langage que dans la presse européenne: pas d'amalgame, célébration du vivre ensemble. A l'image de ce qui s'est passé à Saint-Etienne du Rouvray l'archevêque de Québec a serré un imam dans ses bras et une sourate du Coran a été prononcée dans l'église. C'est beau, mais je ne suis pas certain que cela corresponde à une réalité bien plus "sensible", plus complexe et à un avenir angoissant. les individus en tant que tels ne sont pas en cause. Il existe en tous lieux des hommes bons. Mais la masse fait peuple, les cultures ont leur logique propre et l'islam a un projet.

Dans ce Canada, les francophones - minoritaires au Canada - découvrent que les flux migratoires sont en train de changer leur quotidien et qu'ils risquent, à l'avenir, de devenir doublement minoritaires dans leur province. Plus de 200 000 musulmans sont installés à Montreal, ils sont jeunes, et l'accueil se poursuit. Les Quebecois ont aussi compris comme les Français, qu'il n'y aura pas, avec leur communauté islamique, d'assimilation invisible. Aucun musulman pratiquant n'est prêt à renoncer à ses nombreux rituels, très visibles dans l'espace public. C 'est la nature même de l'islam, très communautaire. C'est a ainsi, ais-je lu, que beaucoup de musulmans du Canada préfèrent renvoyer leurs morts au pays d'origine faute de carrés musulmans...

A peu près dans le même temps, j'apprends de mon journal télévisé que de plus en plus d'enfants échappent à l'école publique, en France, et sont scolarisés dans des établissements clandestins où de très jeunes filles peuvent porter le voile, apprendre l'arabe et le Coran par cœur. J'apprends aussi ce matin qu'un cours privé situé ...dans la tour Montparnasse accueille des jeunes lycéennes, presque toutes musulmanes et voilées. Que croyez vous que veulent ceux qui sont derrière le rideau? Faire de bons français adhérant aux valeurs de la République et à l'individualisme occidental? Plus le temps passe, plus nous observons des secessions au cœur de notre vieux pays. La question n'est même plus de savoir si nous en avons une part de responsabilité. Le fait est que les secessions sont là et qu'elles ouvrent une ère qui risque d'être très agitée...

Etant de nature pacifiste, j'aimerais pouvoir dire le contraire. Mais je suis bien obligé de constater que des intellectuels libres, issus du monde islamique ne cessent de nous mettre en garde et que nous refusons de les écouter. Le camp des "collaborateurs" occidentaux de l'islam - et il s'en trouve au plus haut niveau - se croient dans le camp du bien. Ils prétendent même, faisant de l'agresseur la victime ( au prétexte, notamment, que de nombreux musulmans sont victimes des fous d'Allah) que toute action visant à juguler l'islam orthodoxe nous rapproche d'une guerre des civilisations. Le multiculturalisme justifie alors toutes les reculades. A aucun moment il n'est rappelé quelle est la nature de l'islam et son fonctionnement. On affecte de croire que toutes les religions sont de la même nature et professent les mêmes valeurs...

Je crains qu'ils n'aient allumé une mèche lente qui va nous conduire au pire.

Evidemment, j'espère avoir tort.

 

Au secours, ils sont fous!

Ci-dessous projet proposé au gouvernement par le think thank "France Stratégie" (rattaché au Premier ministre à Matignon) pour renflouer les caisses de l'Etat. En l'occurrence une nouvelle taxe sur les propriétaires ayant fini de rembourser leur prêt. Rien que ça ! Vivement qu'ils dégagent...

 

Logement
Point de vue de Norbert Fanchon, groupe Gambetta

Nouvelle taxe sur les propriétaires : la mort du placement préféré des Français                        

France Stratégie part du principe qu'il existe un déséquilibre entre les propriétaires occupants ayant fini de rembourser leur prêt immobilier et les locataires, qui continuent d'acquitter mensuellement leur loyer. Ce déséquilibre est préjudiciable à la capacité contributive des seconds à la croissance. Alors, au rang des solutions envisagées pour le moins critiquables, France Stratégie propose qu'on taxe les premiers, pour rétablir la parité.

Puisque les propriétaires n'ayant plus de charge d'emprunt sont allégés par rapport aux débiteurs d'un loyer, il faut leur faire porter fictivement la charge d'un loyer et assujettir ce loyer, qu'ils se versent en quelque sorte à eux-mêmes, à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. C'est absurde. Accéder est le fruit d'un choix patrimonial, qui exige de l'engagement, des efforts aussi.

Au demeurant, quand la propriété est acquise, après le remboursement du prêt, les propriétaires continuent d'assumer des charges de fonctionnement et d'entretien, voire de rénovation ou de mise aux normes du bien détenu. On ne peut non plus oublier la fiscalité des mutations qui pèse sur eux, pour l'achat, droits de mutation à titre onéreux dans l'ancien ou TVA et droits réduits dans le neuf, comme pour la transmission.

Il faut imaginer, puisqu'on nous projette dans la fiction, le résultat de la mise en œuvre de ce mécanisme infernal. D'abord, l'accession s'en trouverait enrayée, dans le neuf comme dans l'ancien. Des centaines de milliers de logements arriveraient sur le marché, cédés par des propriétaires écœurés à l'idée d'avoir fait tout ce parcours pour retourner au point de départ.

En effet, les accédants ne visent pas seulement l'usufruit du bien qu'ils acquièrent, mais bel et bien la propriété pure et simple après extinction du prêt. S'ils peuvent raccourcir la durée contractuelle d'emprunt ou solder le prêt de façon anticipée, ils le font. Tous les accédants veulent arriver à l'âge de la retraite en ayant réglé le problème du logement et en s'étant libéré du règlement d'une charge mensuelle insupportable lorsque les ressources baissent, surtout à l'heure de l'affaiblissement du régime par répartition.

Ils veulent aussi pouvoir transférer à leur descendance... autre chose qu'une base taxable ! Ce n'est pas que l'idéal de la propriété qui serait sacrifié, c'est le patrimoine collectif qui s'effondrerait, sous l'effet mécanique d'un déséquilibre entre une offre pléthorique et une demande en voie d'extinction, mais surtout parce que l'immobilier perdrait l'essentiel de son attrait patrimonial intrinsèque.

A la clé, une catastrophe économique : l'accession aura été en 2016 à l'origine de 850 000 achats dans l'existant et de près de 220 000 opérations dans le neuf, qui auront généré la création de plus de 500 000 emplois. En clair, le recul récemment constaté du chômage doit presque tout à l'accession, qui a porté la construction et les travaux d'entretien. On pourrait également évoquer l'activité des établissements financiers, qui doivent à l'accession une fraction majeure de leur produit net bancaire. 

 

Ce que dit Boualem Sansal sur l'islamisme

 

Boualem Sansal est l'un des plus grands écrivains algériens de langue française. Il vit en Algérie. Le 13 décembre dernier il était l'invité d'honneur de la Fondation Varenne (du nom du fondateur du journal "La Montagne" à Clermont-Ferrand) à Paris. Reconnue d'utilité publique, celle-ci se consacre, notamment, à la promotion du journalisme et remettait ses prix annuels du reportage à 26 lauréats. Ce fut l'occasion pour le romancier-essayiste de publier un magistral discours (ci-dessous). Heureusement que c'est un Algérien qui tient ces propos ! Vous imaginez si c'était un Français...

 

 



Mesdames et Messieurs, bonjour, bonsoir,

Daniel Pouzadoux (président de la Fondation Varenne) m’a fait l’amitié de m’inviter à votre cérémonie et il a poussé la gentillesse jusqu’à me demander de venir au pupitre dire quelques mots.  Je le remercie très chaleureusement.  Je vais le faire en essayant de ne pas vous ennuyer, j’ai tendance ces derniers temps à me répéter, et pas de la meilleure façon, je veux dire la politiquement correcte. 

Je ne sais pas si vous l’entendez mais je vous le dis, parler devant vous n’est pas facile, dans la salle je vois de grands noms de la presse française… c’est impressionnant. Et flatteur pour moi, dans mon pays, l’Algérie, j’ai droit au traitement pour lépreux, on lâche les chiens, on jette des pierres. En ce moment, à la suite d’un supposé amalgame, blasphème, ou mauvaise pensée de ma part, on délibère à mon sujet, et la fumée n’est pas blanche, ça ne dit rien de bon. Mais passons, rien n’est certain tant qu’il n’est pas arrivé. 

Je voudrais, avec la permission de Daniel, et la vôtre aussi, vous dire deux trois choses sur l’islamisme. Il y a d’autres sujets mais celui-ci les dépasse, il tient le monde en haleine, et la France en premier, elle est une pièce essentielle dans son programme de domination planétaire.  C’est ici qu’il gagnera ou perdra face à l’Occident, il le croit, voilà pourquoi il s’y investit avec tant de rage, derrière laquelle cependant agit un monde étonnant de froide intelligence et de patience.

Personne ne peut mieux qu’un Algérien comprendre ce que vous vivez, ce que vous ressentez, l’Algérie connaît l’islamisme, elle en a souffert vingt années durant. 

Je ne veux pas laisser entendre que l’islamisme est fini dans ce pays, simplement parce que le terrorisme a reflué, c’est tout le contraire, l’islamisme a gagné, à part quelques voix dissonantes qui s’époumonent dans le désert, rien ne s’oppose à lui, il a tout en main pour réaliser son objet. Tout son programme, dont le terrorisme est un volet important mais pas le plus important, il en est dix autres qui le sont davantage, ne vise que cela : briser les résistances, éteindre les Lumières avec un grand L et installer les mécanismes d’une islamisation en profondeur de la société. On peut dire que l’islamisme ne commence véritablement son œuvre qu’après le passage du rouleau compresseur de la terreur, à ce stade la population est prête à tout accepter avec ferveur, humilité et une vraie reconnaissance.

On en est là en Algérie, le programme se déroule bien, les islamistes travaillent comme à l’usine, ils contrôlent tout, surveillent tout, le point de non-retour est franchi et le point final arrive comme un coup de poing. Encore quelques réglages et nous aurons une république islamique parfaite, tout à fait éligible au califat mondial. Vous en entendrez parler, je pense.

Un  exemple  pour  le  montrer :  dans  la  petite  ville  où j’habite, à 50 kms d’Alger, une  ville universitaire dont la population, 25000 habitants environ, se compose essentiellement  d’enseignants,  de  chercheurs  et d’étudiants,  il  y  avait  avant  l’arrivée  de  l’islamisme, dans les années 80, une petite mosquée branlante, coloniale par son âge, que ne fréquentaient que quelques vieux  paysans  des  alentours ;  aujourd’hui,  après  deux décennies de terrorisme et de destruction, et alors que le  pays manque  de  tout,  il  y  en  a  quinze,  toutes  de bonne taille et bien équipées, eau courante au robinet, hautparleurs surpuissants,  climatisation  et  internet  à tous les étages, et je vous apprends que pour la prière du  vendredi  elles  ne  suffisent pas  pour accueillir  tous les  pénitents.  Il faudrait clairement en construire quinze autres ou réquisitionner les amphis et les laboratoires.  Attention, je ne fais pas d’amalgame, ni de persiflage, je ne dis pas que les pénitents sont des islamistes, aucun ne l’est, je vous l’assure, n’ayez crainte, je dis simplement que les islamistes ont bien travaillé, en peu de temps ils ont assaini le climat et fait de nous de bons et fidèles musulmans, ponctuels et empressés, et jamais, au grand jamais j’insiste, ils ne nous ont demandé de devenir des islamistes comme eux. « Point de contrainte en religion », c’est dans le Coran, sourate 2, verset 256.  

En Algérie, on suit avec beaucoup d’inquiétude l’évolution des choses en France.  Je ne parle pas de nos islamistes, ils se félicitent de leurs avancées chez vous, ni de notre gouvernement, tout entier mobilisé au chevet de son vieux président, M.  Bouteflika, je parle de ceux qui ont de l’amitié pour vous et ceux qui ont des parents en France et qui voudraient les voir continuer de vivre leur vie française le mieux possible. Je vous le dis, ceux-là sont inquiets, très très inquiets et même désespérés. Ils vous en veulent pour cela.

Inquiets parce qu’ils constatent jour après jour, mois après mois, année après année, que la France ne sait toujours pas se déterminer par rapport à l’islamisme : est-ce du lard, est-ce du mouton, est-ce de la religion, est-ce de l’hérésie ?  Nommer ces choses, elle ne sait pas, c’est un souci. Pendant ce temps, le boa constrictor islamiste a largement eu le temps de bien s’entortiller, il va tout bientôt l’étouffer pour de bon.  Insouciante qu’elle est, la mignonne est allée faire amie-ami avec les gros cheikhs du Golfe que chacun sait être les géniteurs et les dresseurs du boa et surtout d’anciens redoutables détrousseurs de caravanes. 

Inquiets de voir la France des libertés verser dans le maccarthysme. Que se passe-t-il, bon sang, il n’est plus possible, pour personne, de parler de certains sujets liés à la Chose sans se voir aussitôt traîné au tribunal et condamné sévèrement.  On en sort encore avec des amendes, des sursis et des marques à l’épaule, mais le jour n’est pas loin où on se verra appliquer la vraie charia. 

Inquiets et dégoutés de  voir  cette  grande  nation laïque et avant-gardiste exhiber à tout bout de champ ses  imams  et  ses  muftis,  ses  pachas  de  l’UOIF,  ses commandeurs du CFCM, et, pour la note moderne, deux trois sœurs cagoulées à l’arrière-plan, comme jadis au temps des colonies de papa elle promenait de cérémonies en cérémonies ses caïds chamarrés bardés de médailles, ses marabouts en boubous et autres sorciers en plumes, et repousser fermement ceux qui peuvent parler  aux  gens  sans  réciter  un  seul  verset  ou  lever  de doigt  menaçant  au  ciel.  On croirait que la France n’a pas été décolonisée en même temps que ses colonies ou que la laïcité y a été abrogée par un édit du grand imam.

Inquiets et en colère de voir que les Algériens de France, pourtant instruits de la vraie nature de l’islamisme, et pis, qui savent qu’il a lancé une OPA sur leurs enfants, ne s’engagent pas plus que ça dans la lutte contre lui, pas au-delà des protestations de principe : « C’est pas ça l’islam » ; « L’islam est paix, chaleur et tolérance », « l’islam est une chance pour la France ». Misère, comment le dire :  l’urgent n’est pas de sauver l’islam de l’amalgame mais de sauver les enfants de la mort  

Inquiets et effarés de voir l’Europe se déliter et devenir un amplificateur de crises et fabricant d’un islamisme européen véritablement monstrueux, qui par ses prétentions totalitaires et ses haines tous azimuts, s’apparente au nazisme-fascisme d’antan, qu’il contribue de la sorte à ressusciter.

Désespérés en fin de compte de voir que la France et l’Europe sont à mille lieues de pouvoir concevoir et mener ensemble le seul combat qui puisse venir à bout de l’islamisme : le contre-djihad, conçu sur le principe même du djihad.  Et le djihad n’est pas la guerre, c’est mille chamboulements dans mille domaines différents, menées sans restriction ni frein, dans un mouvement brownien accéléré irréversible.

Après tout ça, y-a-t-il de l’espoir ? Oui, il existe, il est puissant, la France est un grand pays avec une immense histoire pleine de ressort et d’énergie, il continue de vivre et de se projeter dans l’avenir, mais chacun sent que l’effort coûte de plus en plus, que le poison islamiste court dans ses veines, que la langueur de la décadence le travail, que le pays perd de sa cohérence et de son unité, que le gouvernement n’y entend goutte, que l’Europe est un boulet, bref chacun comprend que la fin approche. L’espoir est précisément là, dans cette horrible sensation que l’Histoire est finie, c’est là que le désespoir trouve sa meilleure énergie. 

Il y a une condition cependant, un vrai challenge de nos jours, la France    doit retrouver l’usage de la parole libre et en faire une arme.  Si le terrorisme se combat dans la discrétion et la patience, par le renseignement et l’infiltration, l’islamisme se combat par la parole, dite au grand jour, haut et fort. Ce combat a toujours été celui des journalistes et des écrivains, qu’ils reprennent le flambeau, il est à eux. 

On  n’oubliera  pas  de  mener  ce  combat  en  premier contre l’armée des idiots utiles et des bienpensants, qui avec une poignée de considérations de patronages ont réussi  à  paralyser  la  France,  peuple  et  institutions,  et l’ont livrée aux islamistes et demain à la guerre civile : « pas d’amalgame tu feras »,  « l’assassin de ton frère est ton frère, des bisou ours tu lui adresseras »,  « raciste et islamophobe tu es si tu ne tends pas l’autre joue »,  « ta coulpe tu battras car colonisateur et esclavagiste tu fus »,  « de remords et de pénitences, tu te nourriras »,  « ta place tu cèderas, d’Hilmi tu seras »,  « paix, tolérance et soumission, tu pratiqueras avec tes agresseurs ». 

Ces formules sont arrivées à l’école, avec d’autres douceurs du même genre, ce qui facilite les abandons de demain. « Cons et dangereux », disait d’eux Yves Montand, qui fut lui-même un idiot-utile des plus célèbres, c’était hier, aujourd’hui il dirait plus : « cons, dangereux, et heureux de l’être ». 

Vous l’avez noté, à aucun moment je n’ai parlé de l’islam.  Vue par-là, l’affaire nous dépasse, on est dans l’intouchable, l’islam, c’est Allah, c’est Mahomet, le Coran, le Califat, la Oumma, c’est la fin universelle des hérésies et de la mécréance.  « L’islam est l’horizon indépassable de notre temps », ce cher Jean-Paul Sartre nous le dirait sans faute s’il revenait parmi nous. 

A côté, l’islamisme n’est rien, avec sa pauvre charia et ses sabres ébréchés, on pourrait le balayer ce soir, si on nous le permettait, il n’est que l’expression des délires et des caprices de bédouins du désert arabique, abrutis par des siècles d’ignorance et de consanguinité féroce, soudainement enrichis et ennoblis par des Anglais idiots et accueillis à bras ouverts dans les grandes capitales d’Europe. Nous vivons les frasques de ces enfants monstrueusement gâtés, jouisseurs fous et insatiables.

Aujourd’hui, ils saccagent des pays comme hier, quand ils apprirent à prendre l’avion et actionner des ascenseurs, ils saccageaient les palaces du monde libre avant de les acheter pour les mettre à leur goût.  C’est cela que les idiots-utileset les bienpensants aiment en vérité :  l’argent des cheikhs, il sent bon l’encens et le mazout.  Avec eux, Billancourt ne désespérera jamais, et d’ailleurs par leur faute Billancourt n’existe plus, il a disparu en même temps qu’une certaine France. A Colombe-les-deux-Mosquées, il y en a un qui doit salement râler.  


Pour terminer, je voudrais vous dire mon sentiment sur les propositions récentes de l’institut Montaigne pour réformer l’islam et rendre possible l’émergence d’un islam de France. J’ai vérifié, c’est bien d’islam qu’il parle, d’islam de France, ce qui déjà est un gros blasphème, l’islam est un, il est partout chez lui. C’est par le JDD du 18/9 passé que j’en ai pris connaissance.  Ces propositions qui s’enfilent comme des perles sont au nombre de dix et se résument ainsi : on lève une redevance sur le halal, on construit des mosquées, on forme des aumôniers et des imams, on enseigne l’arabe aux écoliers et le français aux imams, on expurge l’histoire, on crée un secrétariat d’Etat à la laïcité et aux cultes, on implique les maires, on actionne la diplomatie pour endiguer l’influence des régimes wahhabites d’Arabie et du Qatar. Quand j’ai lu ça, je suis tombé à la renverse,

J’ai compris que le plan était un programme d’arabisation et d’islamisation des plus sévères, il ne laissait aucune possibilité de faire machine arrière en cas de regret. Il ressemblait comme deux gouttes d’eau au plan d’arabisation et d’islamisation que le pouvoir algérien a mise en œuvre en Algérie au début des années 80 sous la pression de l’Arabie saoudite et qui allait en peu de temps faire de nous des perroquets wahhabites salafistes. 

Il fallait réfléchir et comprendre l’intention de l’institut.  Même à long terme et dans un climat apaisé, ces propositions seraient à mon avis sans portée ni effet quant à l’objectif visé :  réformer l’islam et faire émerger un islam de France, accepté de tous, les Français d’abord, religieux et laïques de tous bords, et ensuite tous les pays arabes et musulmans, et à leur tête l’Arabie saoudite gardienne universelle du dogme. 

Au contraire, elles joueront dans le sens de la réalité et celle-ci est la suivante : la France est déjà très avancée dans la voie de son islamisation par un islam importé, archaïque et brutal, sectaire et haineux, affairiste et opportuniste en diable, fortement teinté de salafisme mais pas seulement, adepte du djihad mondialisé, et ces propositions généreuses inespérées vont formidablement aider à son expansion et son enracinement.

L’effet multiplicateur et accélérateur n’a pas été pris en compte dans l’étude, il jouera à plein, ce que l’étude montre    pourtant puisqu’elle nous apprend que 29% des musulmans de France sont déjà en rupture avec la communauté nationale.  Il semblerait que l’institut n’a pas travaillé sur la réalité mais sur une image de la réalité. Le fait de formuler de telles propositions dans ce contexte de déchirement et après une année 2015 riche en attentats islamistes, révèle que le but recherché par les planificateurs des attentats est atteint :  la France est prête à tout céder, les dix propositions de l’institut se présentent comme un acte d’allégeance au calife.

Je ne veux pas désespérer l’Institut M. mais on doit le lui dire :  le calife tient son pouvoir d’Allah, il n’attend rien de personne, il écrase tout sur son chemin, les idiots utiles, les allégeants et les soumis en premier. Je vous remercie. •

* Fondation pour la promotion des métiers du journalisme